2011 : le palmarès de la rédaction

Actualité | Editorial | Par Olivier Desbrosses | Publié le 13/02/2012   

  1. La musique de film dans tous ses états
  2. Le bilan 2011 selon Olivier Desbrosses
  3. Le bilan 2011 selon Benjamin Josse
  4. Le bilan 2011 selon Florent Groult
  5. Le bilan 2011 selon Grégory Bouak
  6. Le bilan 2011 selon Olivier Galliano
  7. Le bilan 2011 selon Olivier Rouyer
  8. Le bilan 2011 selon Olivier Soudé
  9. Le bilan 2011 selon Sébastien Faelens
  10. Le bilan 2011 selon Stéphane Abdallah
  11. Le bilan 2011 : la synthèse

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Pas de doute, la crise de l’industrie musicale (sic) se poursuit de plus belle. Rien que dans notre domaine de prédilection, nous avons en effet pu constater que rien ne va plus : seulement 782 éditions recensées en 2011 par l’ami Starfe dans les colonnes de son indispensable planning des sorties ! Mékeskispass ? Tout ça sans compter les (horribles) compilations de chansons, les (trop) nombreuses musiques issues du jeu vidéo et le (florissant) marché asiatique (qu’on ne met pas dans le susdit planning parce qu’on n’y comprend rien : tout de même, ils pourraient se mettre à l’anglais, les Chinois du Japon !). Les éditions limitées se vendent tellement bien, se retrouvant épuisées en quelques heures, qu’un éditeur, en l’occurrence Intrada, a même décidé de ne plus limiter quoi que ce soit pour permettre aux amateurs d’acquérir leurs précieux disques à prix normal plutôt que de devoir recourir aux services des charognards d’eBay. Une politique qui semble viable tant qu’Intrada continuera à éditer certains des titres les plus attendus des amateurs, et dont aurait dû s’inspirer un autre label, Film Score Monthly, qui a d’ores et déjà annoncé une fermeture programmée pour le printemps 2012. La faute, certainement, à des choix éditoriaux souvent trop radicaux ne séduisant qu’une quantité infinitésimale de membres de la communauté béophile, cette dernière ne représentant elle-même qu’une infinitésimale portion des dizaines de millions d’amateurs/consommateurs de disques (et donc pas grand-monde, en fait, à part vous et moi). Heureusement, le monde est fort bien fait : un éditeur meurt, un autre vient au monde, qui plus est dans notre beau pays : au regard de l’éclectisme réjouissant de leur (tout jeune) catalogue, la naissance de Music Box Records se doit d’être dignement célébrée et laisse augurer du meilleur pour les années à venir.

 

Bref, il est devenu presque impossible pour l’amateur aussi éclairé que peu fortuné de suivre le rythme de cette profusion de sorties, voire d’écouter avec le soin requis toutes ses acquisitions récentes (si tant est qu’il a finalement pu trouver un peu de sous quand même). Ah, elle est loin la jeunesse de l’apprenti béophile, depuis devenu expérimenté et néanmoins vieillissant, qui avait tout le temps du monde pour écouter, réécouter et apprécier à leur juste valeur les deux/trois vynils achetés chaque mois avec ses maigres économies chez son revendeur favori. D’ailleurs, en parlant de revendeur, physique s’entend, c’est bien simple : il n’y en a quasiment plus. Rien qu’à Paris, hormis la boutique Cinémusique, le rayon dédié à la FNAC des Champs-Elysées et celui de Gibert Joseph, c’est le désert de Gobi. Heureusement qu’internet nous ouvre les bras à tous (sauf ceux qui n’ont pas payé leur forfait) pour pouvoir dilapider nos maigres revenus avec une efficacité encore accrue. D’autant que la toile regorge de plus en plus de musiques qui, si elles ne trouvent pas toujours la voie salvatrice du plastique, sont cependant accessibles via Megaupload le téléchargement légal qui fait tant grincer des dents sur le forum de votre site préféré. Heureusement, le disque n’a pas dit son dernier mot, pour preuve la quantité impressionnante de nouveautés et surtout de rééditions (parfois abusives) qui se bousculent devant nos yeux avides de consommateurs compulsifs, font battre chaque semaine un peu plus vite notre petit cœur de collectionneur et réveillent accessoirement la tachycardie de nos bien-aimés banquiers.

 

C’est bien gentil de parler du support, mais qu’en est-il de la musique de cinéma en 2011 ? Pas grand-chose, en fait. Le style et les méthodes de production du studio Remote Control continuent toujours un peu plus de corrompre l’industrie tout entière, tel un virus que des compositeurs de plus en plus nombreux chaque année s’inoculent volontairement pour rester dans la course (pour continuer à gagner leur vie, qu’ils disent, l’air contrit). Dernières victimes consentantes en date, , qui a pulvérisé le peu d’espoir qu’on pouvait encore avoir en son talent lui lorsqu’il a commis le calamiteux Green Lantern, et surtout , dont la (jusqu’à présent) constante élégance musicale est tombée au champ du (dés)honneur sous les coups de boutoir répétés du marteau de Thor puis ceux des primates de Rise Of The Planet Of The Apes (je parle des producteurs, pas de l’excellent Andy Serkis). La France n’est d’ailleurs pas en reste, ayant, depuis déjà quelques années, fait entrer sur notre territoire cette épidémie infectant également de plus en plus de compositeurs bien de chez nous.

 

Il reste heureusement quelques talents encore non contaminés par ce pathogène musical, qu’ils soient vétérans, confirmés ou débutants. Inutile de les citer tous, vous pourrez découvrir nombre d’entre eux dans les pages qui suivent. Mais tous, qu’ils soient dans le camp des zombies ou celui des survivants, ne peuvent que s’incliner encore (mais pour combien de temps) devant un vieil homme irradiant tel Gandalf d’un talent vivifiant doublé d’une maîtrise inégalée : , puisque c’est de lui qu’il s’agit, prouve encore une fois que ce sont les vieilles soupières qui font les meilleures soupes !

 

Mais trêve de billevesées ! Vous êtes là pour un palmarès ? Vous en aurez neuf, aussi divergents et hétérogènes que la personnalité et les goûts de chacun des rédacteurs impliqués, qui n’ont finalement en commun qu’une même passion, toujours intacte, pour la musique de l’image. D’ailleurs, des images, nous vous en avons concoctées quelques-unes que vous pourrez découvrir lors du climax de ce palmarès, je parle bien entendu de la synthèse de nos sélections respectives. Place donc au palmarès 2011 de la rédaction d’UnderScores !

 

 

OLIVIER DESBROSSES

Rédacteur en chef

 

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