World Soundtrack Awards 2011 : le bilan
Comme prévu, le Festival International du Film de Flandre 2011 s’est achevé le samedi 22 octobre avec la onzième édition des World Sountrack Awards. Ainsi, la ville de Gand a vu revenir quelques compositeurs habitués mais également de nouveaux venus non moins intéressants. Les prix remis ce soir-là reflètent la diversité du genre et mettent à l’honneur aussi bien les musiciens en essor que les plus chevronnés.
Le premier prix de la soirée, le Sabam Award for Best
Young European Composer, a été décerné à Gabriël Heinrich pour son travail sur Papillon d’Amour de Nicolas Provost. L’exercice imposé aux candidats était de retravailler la musique de ce court-métrage de 2003 (originellement mis en musique par Köhn), qui applique à quelques images du Rashômon de Kurosawa un effet de miroir. Un prix amplement mérité car la partition d’Heinrich, passionnante de la première à la dernière seconde, se démarque allègrement de son modèle et emporte l’auditeur avec fougue et lyrisme. Bravo ! Le Public Choice Award est revenu à A.R. Rahman pour son travail sur 127 Hours de Danny Boyle. L’on devine que ce vote, fait d’après une liste de 80 finalistes établie par la World Soundtrack Academy, fait écho à la popularité du réalisateur et à sa collaboration de plus en plus étroite - en marge de celle avec John Murphy - avec le compositeur indien depuis Slumdog Millionaire.
Le prix Discovery of the Year a été remis à Alex Heffes pour ses travaux sur The First Grader de Justin Chadwick et The Rite de Mikael Hafström. L’anglais a apporté une approche sans fioriture et pourtant riche en émotions, notamment sur ce dernier film dont le score est plus axé sur le drame que sur l’horreur. Dans la catégorie de la meilleure chanson écrite pour un film, la compétition semblait si difficile qu’il était impossible d’anticiper le résultat. C’est finalement Randy Newman, décidément indispensable à la franchise Toy Story, qui remporte le prix. Seul regret : sa partition pour la troisième aventure des jouets Pixar méritait bien aussi une nomination dans la catégorie du meilleur score…
Les pronostics étaient également difficiles pour cette dernière catégorie. Hans Zimmer, l’homme d’expérience, et Alexandre Desplat, dont la virtuosité n’est plus à démontrer, n’avaient qu’à bien se tenir face à Trent Reznor et Atticus Ross qui avaient raflé le Golden Globe et l’Oscar cette année. Mais c’est finalement le score d’Inception
qui a été récompensé, Zimmer prouvant à cette occasion l’efficacité de sa musique et la force de ses propositions faites à Christopher Nolan. Desplat n’a cependant pas été en reste lors de cette soirée des World Soundtrack Awards : c’est pour la troisième année consécutive qu’il est consacré compositeur de l’année par l’académie, celle-ci honorant la quantité et surtout la qualité du travail du français. «Devrais-je acheter un appartement à Gand ?» dira-t-il, abasourdi et un peu gêné… Il est à parier que l’assistance, riant à cette petite blague, a apprécié la modestie de l’homme autant que son incontestable talent.
C’est également le rire et la joie que Giorgio Moroder a inspirés aux spectateurs lorsqu’il s’est vu remettre le Lifetime Achievement Award. Anticipant le plaisir d’entendre deux de ses partitions arrangées pour l’orchestre et tenant son trophée avec un plaisir non dissimulé, il a exprimé sa joie d’être présent à Gand. C’est peut-être cet enthousiasme qui résume les World Sountrack Awards : dans une ville dont le raffinement architectural fait écho à celui de la musique de film, l’événement célèbre comme il se doit cet art paradoxalement confidentiel.
WORLD SOUNDTRACK AWARDS : NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES
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COMPOSITEUR DE L’ANNÉE
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MEILLEURE MUSIQUE DE L’ANNÉE
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RÉVÉLATION DE L’ANNÉE |
MEILLEURE CHANSON ORIGINALE POUR UN FILM
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Photograhies de Luk Monsaert.





