Fright Night (Ramin Djawadi)

Chroniques | Chroniques Express | Par Grégory Bouak | Publié le 24/10/2011   

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FRIGHT NIGHT

Compositeur :

Durée : 50:31 | 20 pistes

Éditeur : Varèse Sarabande

★★★☆☆
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Auteur de plusieurs scores médiocres allant de Blade Trinity à Deception (Manipulation) en passant par Mr. Brooks, avait donné l’impression avec Iron Man qu’il était peut-être le pire compositeur des studios Remote Control Productions. Puis, ici et là, on a vu poindre un brin de talent, notamment dans Fly Me To The Moon et dans le remake de Clash Of The Titans (Le Choc des Titans). Après un premier essai raté dans le genre horrifique (l’inécoutable The Unborn), le musicien persévère avec le remake de Fright Night et nous force à reconnaître qu’il a su progresser et trouver le ton juste.

 

Première bonne surprise : alors que les musiciens travaillant dans le sillon du mentor Hans Zimmer ont tendance à utiliser massivement l’électronique, Djawadi choisit de donner à Fright Night une composante majoritairement symphonique, loin des synthés ultra kitsch employés par Brad Fiedel pour le film d’origine en 1985. Bien sûr, les choix d’orchestrations ne sont pas originaux : des cordes en abondance avec l’accent mis sur les violoncelles et les contrebasses afin d’obtenir les notes les plus graves et les plus menaçantes possibles, ou encore sur les violons couinants afin de faire sourdre la peur. Comme d’habitude, le son est assez massif et privilégie la texture d’ensemble au détriment d’instruments isolés et de sonorités plus originales, les compositeurs de chez RCP semblant toujours ignorer que l’orchestre contient autre chose que des cordes et des cuivres. Autre marque de fabrique : la musique fait appel encore une fois à des accents ethniques et orientalisants dont la nécessité n’est pas évidente, mais cela aussi fonctionne plutôt bien. Seconde bonne surprise : la composition s’appuie sur un motif très entraînant et vigoureux qui emporte d’emblée le spectateur dans l’aventure et garantit une ambiance gothique indéniable grâce à l’utilisation d’un orgue d’église. Très ténébreuse, parfois tribale, ponctuée par de lourdes percussions, alternant les moments d’angoisse et de dépression, grondante et sournoise, soutenue par des chœurs maléfiques, la musique progresse régulièrement vers des pics de tension fort efficaces. Enfin, lorsque les jeunes héros se rebellent contre le vampire, Djawadi renoue avec des sonorités plus contemporaines via l’usage de la guitare électrique et de la batterie, faisant de nouveau appel au motif très rythmé du générique d’ouverture.

 

A l’image d’un film malin et sympathique oscillant habilement entre premier et second degré, le score de Fright Night s’avère donc plutôt recommandable et permet à , après le succès de Game Of Thrones, de remonter dans l’estime des béophiles. Côté points faibles, on pourra déplorer une tonalité un peu trop monochrome rendant l’album de cinquante minutes un tantinet longuet et parfois ennuyeux, mais l’essentiel de ce que l’on attendait est bien présent et fonctionne comme une mécanique parfaitement huilée. Ce n’est déjà pas mal !

 

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