Final Destination 5 (Brian Tyler)

Chroniques | Chroniques Express | Par Grégory Bouak | Publié le 03/10/2011   

final-destination-5-cd4-150x150FINAL DESTINATION 5 (2011)

DESTINATION FINALE 5

Compositeur :

Durée : 69:10 | 19 pistes

Éditeur : Varèse Sarabande

★★★☆☆
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Spécialiste ès-récupération de franchises à la dérive (Alien, Predator, Rambo, Fast & Furious…), avait également repris en main celle des Final Destination en 2009. Son score très bruyant pour le quatrième opus avait à la fois apporté davantage de modernité à la saga via des orchestrations très rock et payé son tribut aux musiques des trois volets précédents en utilisant de façon massive le thème composé par Shirley Walker. Que pouvait maintenant proposer de neuf le compositeur pour Final Destination 5 (Destination Finale 5) ? La réponse est admirable de simplicité : rien !

 

A l’image d’un film qui n’apporte quasiment aucune idée nouvelle (hormis celle de pousser l’un des survivants à tuer lui-même ses comparses dans l’espoir d’échapper à la Faucheuse), à l’image d’une série qui s’obstine à répéter à la lettre la même formule d’épisode en épisode, Tyler est en effet amené à se répéter lui-même, ce qu’il faisait déjà bien avant les Final Destination. Les amateurs du compositeur auront donc lieu de se réjouir : «comme d’habitude» (sur un air connu…), celui-ci fait appel à un grand orchestre symphonique augmenté de sonorités synthétiques et d’instruments plus modernes comme la guitare électrique et la batterie ; comme d’habitude, il propose un Main Title accrocheur et fracassant fondé sur une mélodie simple et efficace ; comme d’habitude, il illustre les scènes de tension et de catastrophes à l’aide d’orchestrations 100% estampillées «horreur» et réemployant de façon servile mais professionnelle tous les codes fixés par le maître Christopher Young dans les années 90 ; comme d’habitude, il nous offre un album édité par Varèse Sarabande et bourré à craquer, avec des pistes atteignant sept voire dix minutes. Précisons tout de même que cet album est plutôt bienvenu car il rend justice au travail effectué par Tyler. Dans le film, le traitement réservé au score est misérable : hormis durant le générique d’ouverture et la première scène d’accident (Fates Bridge), on n’entend absolument rien sinon quelques grincements ici et là, au point qu’on oublie que le film contient une musique originale…

 

Oublions donc la musique dans le film et considérons l’album : les morceaux d’action sont valables (quand ils ne sont pas épuisants), tout comme les morceaux plus intimistes ; on trouve ici et là un semblant d’idée, notamment l’emploi de sonorités vaguement asiatiques dans The Gift Certificate lorsque l’un des personnages se rend au salon de massage. Autrement, c’est bien entendu du réchauffé, et le constat déjà effectué à propos des partitions antérieures du compositeur se répète : la musique de Final Destination 5 est dans l’ensemble rigoureusement identique aux autres musiques de Tyler et devient à son tour parfaitement interchangeable. Paradoxe amusant, ce son toujours identique permet d’identifier immédiatement le musicien, mais en même temps celui-ci ne s’est jamais défait de ses influences majeures, si bien que les meilleurs moments du score sont ceux qui ressemblent à du Elliot Goldenthal (Tyler travaillant avec l’orchestrateur Robert Elhai), du temps glorieux où ce dernier acceptait de composer pour des Batman ou pour Final Fantasy ! Dans ce cas, est-il bien nécessaire de faire l’acquisition de Final Destination 5 ? La réponse semble évidente…

 

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