The Smurfs (Heitor Pereira)

Chroniques | Chroniques Express | Par Grégory Bouak | Publié le 12/08/2011   

the-smurfs-cd-150x150THE SMURFS (2011)

LES SCHTROUMPFS

Compositeur :

Durée : 67:17 | 36 pistes

Éditeur : Madison Gate Records | CD-R et téléchargement uniquement

★½☆☆☆

Déjà compositeur du précédent film de Raja Gosnell, Beverly Hills Chihuahua (Le Chihuahua de Beverly Hills), rempile sur The Smurfs, libre adaptation du classique de la BD belge dans laquelle les petits bonshommes bleus passent de leurs maisons-champignons à la Grosse Pomme. On se souvient qu’auparavant, pour Never Been Kissed (College Attitude) et pour les Scooby-Doo, le réalisateur avait fait appel à David Newman ; il aurait mieux fait de continuer car, avec les musiciens suivants, il n’obtiendra jamais la même qualité ! En effet, issu des studios Remote Control et connu depuis longtemps des amateurs pour ses collaborations avec son mentor Hans Zimmer, s’est toujours montré convaincant en tant que guitariste mais beaucoup moins en tant que compositeur.

 

Les deux premières pistes de l’album, consacrées respectivement aux Schtroumpfs et à Gargamel, présentent l’essentiel du matériel thématique et instrumental. On trouve d’abord une petite mélodie chaloupée et guillerette associée aux Schtroumpfs, pas forcément très mémorable mais qui revient fréquemment dans l’ensemble du score, interprétée par des flûtes, une guitare et quelques percussions. Ceux qui voulaient réentendre le thème de la série animée seront évidemment déçus : le compositeur n’en retient que les sifflements, qui apparaissent ici et là pour nous rappeler qu’il s’agit bien des mêmes créatures que celles conçues par Peyo. Quant à Gargamel, il est associé à des cuivres et à des cordes sévères très vite remplacés par un basson burlesque ; les scènes où il s’attaque aux Schtroumpfs et où ceux-ci sont envoyés à New York font appel à des chœurs apocalyptiques et à des sonorités synthétiques mi-cristallines mi-grinçantes (à ces moments-là l’on sent les références aux Scooby-Doo ou encore à 102 Dalmatians de David Newman, mais l’on demeure très en-dessous). Après cela, plus d’une heure durant, et ses acolytes s’emploient à souligner ce qui se passe à l’écran à l’aide d’un mickey mousing parfois sympathique mais la plupart du temps fastidieux, éliminant toute tentative mélodique valable au profit d’une musique erratique qui, à force de changer sans cesse, finit par se ressembler constamment et s’avérer fort monotone.

 

Tous les clichés habituels sont présents : des bois vecteurs tantôt d’humour tantôt de suspense, une guitare acoustique pour l’aspect « cool », une guitare électrique pour l’aspect exagéré et over the top, des cordes dégoulinantes lors des scènes d’émerveillement et d’émotion factices, des délires cuivrés et des emballements percussifs hystériques lors des scènes d’action. Certes, d’autres compositeurs ont déjà fait appel avec succès à ces recettes, mais n’est pas Alan Silvestri ou Bruce Broughton et sa musique est la plupart du temps peu inspirée et mal écrite : la sauce ne prend pas, les thèmes sont pauvres, les sonorités des cuivres et des chœurs, très synthétiques, sont désagréables, les violons sonnent faux et l’attirail moderne consistant en rythmes synthétiques divers ne vaut pas mieux. Loin des brillantes réussites de John Powell, d’Henry Jackman et même de Rupert Gregson-Williams, le score de The Smurfs, qu’on attendait aussi peu que le film, devrait rapidement retomber dans les oubliettes dont il est brièvement sorti.

 

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