Fimucité 2010 : les chroniques de Tenerife
- Schwarzenegger, King Kong et Spartacus
- La musique de film chante aux Canaries
- Battlestar Operatica
- Bouquet final
Schwarzenegger, King Kong et Spartacus
Si elle n’est pas de tout repos, la vie d’un chroniqueur de musique de film est aussi et surtout une aventure. Pour preuve, l’attirail du susdit chroniqueur en plein préparatifs pour sa nouvelle mission, digne d’un Schwarzenegger s’équipant pour aller décimer une armée à la solde d’une quelconque dictature, quelque part sur une petite île perdue au milieu de l’océan.
Ce qui tombe bien puisque cette fois, les envoyés spéciaux d’UnderScores se rendent justement sur une île, celle de Tenerife, rattachée à l’Espagne alors même qu’elle se trouve à 1800 kilomètres des côtes andalouses, au large du littoral marocain. Pourquoi Tenerife ? Parce que s’y tient, pour la quatrième année consécutive, le festival Fimucité dédié, comme son ainé situé à Ubeda, à la musique de film sous toutes ses formes.
L’arrivée à Tenerife est pour le moins spectaculaire : cachée par un épais tapis de nuages, l’île ne révèle d’abord qu’un seul et unique sommet volcanique pointant au travers de la masse nuageuse qui s’accroche, de ses doigts éthérés, à cet îlot rocheux perdu au milieu de l’océan. Plus que suffisant pour évoquer à l’auteur de ces lignes l’atmosphère mystérieuse de King Kong, musique de John Barry à l’appui, ou celle du Lost de J.J. Abrams (l’un des épisodes clé de la série se déroule d’ailleurs en partie à Tenerife).
Lost, justement, parlons-en, puisque comme les personnages de la série, nous avons subi dès notre arrivée un étrange déplacement temporel qui nous a permis de retrouver bien vite une pression habituellement très parisienne. Une anomalie de l’espace-temps qui nous a donc fait rater la conférence du compositeur espagnol Carles Cases, que nous avons juste croisé à sa sortie de scène. Fort heureusement, nous avons pu rejoindre à temps Robert Townson, big boss de Varèse Sarabande, lui-même épuisé par ses 44 heures de voyage non-stop depuis Los Angeles, la faute à divers retards et correspondances ratées. Les traits tirés, l’homme était pourtant ravi de nous voir arriver, puisque notre présence a permis de propulser son auditoire vers un comptage à deux chiffres (8+2 donc) pour son intervention : on ne défie pas en vain la population locale en programmant cet événement au moment même où l’Espagne tout entière retient son souffle devant la demi-finale du Mundial…
A la clé, une conférence passionnante consacrée à Alex North et plus particulièrement à sa partition pour Spartacus, récemment mise en lumière par l’édition définitive annoncée il y a quelques jours par Robert Townson. Nous aurons d’ailleurs l’occasion prochainement de reparler plus en détail de cette conférence et du monumental coffret Spartacus de Varèse.
Si le concert du soir organisé par une fanfare locale présentait un programme alléchant, les dix kilomètres à parcourir pour s’y rendre ont eu raison de notre résistance pourtant opiniâtre : après un conciliabule bref mais intense, nous décidons plutôt de concentrer notre attention sur une pinte de cerveza bien fraîche, et plus si affinités… Fin de journée sur un cliffanger donc, la suite demain !





