The Wolfman : Elfman au coeur du chaos

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La production de The Wolfman, remake luxueux du classique produit par les studios Universal en 1941, s’est avérée être l’une des plus rocambolesques qu’Hollywood aie connu ces dernières années. Après l’annonce, en mars 2006, de la mise en chantier du film et presque un an de pré-production, le réalisateur Mark Romanek (One Hour Photo [Photo Obsession]) quitte le projet fin 2007 suite à un « désaccord créatif ». Frank Darabont, Bill Condon, Martin Campbell, James Mangold et Brett Ratner sont tous envisagés, mais c’est finalement Joe Johnston (The Rocketeer, Jurassic Park III, Hidalgo) qui décroche le poste, exigeant du scénariste David Self une réécriture complète du script original d’Andrew Kevin Walker (auteur du Sleepy Hollow de Tim Burton). De mars à juin 2008, la production investit alors les studios britanniques de Pinewood, où le tournage se déroule sans accrocs.

 

C’est en phase de post-production que les problèmes vont se multiplier et les retards s’accumuler. Prévue initialement en novembre 2008, la sortie se voit repoussée à février, puis à avril 2009. Des projections-test désastreuses entraînent le retournage de plusieurs séquences au cours du printemps de cette même année. Les scènes de transformation conçues à l’ancienne par le vétéran Rick Baker (The Howling [Hurlements], An American Werewolf In London [Le Loup-Garou de Londres] ou encore Greystoke) sont remplacées, sans sa participation, par des effets de synthèse (ses maquillages de Benicio del Toro en loup-garou demeurent cependant dans le montage final). La sortie est de nouveau repoussée, cette fois à novembre 2009, et les monteurs Mark Goldblatt (Terminator 1 & 2, Starship Troopers) et Walter Murch (The Godfather [Le Parrain], Apocalypse Now) sont appelés à la rescousse pour remonter entièrement le film.

 

poster-wolfman-253x300Côté musique, les choses ne sont guère plus tranquilles. Embauché dès septembre 2008, garde pourtant la tête froide au milieu de ce chaos et parvient à composer malgré tout une partition complète qui sera enregistrée à Los Angeles, aux studios Universal, fin août et début septembre 2009. Mais le film continue à être incessamment modifié. Elfman, qui a immédiatement enchainé sur la composition du score d’Alice In Wonderland (Alice au Pays des Merveilles) de son comparse Tim Burton, n’est plus disponible pour adapter sa musique au nouveau montage. Au grand dam des fans qui attendaient avec impatience une partition qui s’annonçait gothique à souhait, le compositeur jette l’éponge et quitte le film.

 

Contre l’avis de Joe Johnston, le studio décide alors de rejeter entièrement ce qui a été enregistré, faisant appel début novembre à qui est chargé de composer en urgence un nouveau score. Enregistrée en décembre, la partition noyée sous les sonorités électroniques qui en résulte déplait pourtant tellement aux exécutifs du studio que Joe Johnston revient à la charge et les persuade de revenir sur leur décision et d’utiliser le travail de . Toujours indisponible, cette fois à cause des sessions d’enregistrement du film de Burton, Elfman ne peut toujours pas se libérer pour revoir ses compositions. Plusieurs musiciens et orchestrateurs, dont et , sont alors appelés à l’aide pour adapter les idées musicales d’Elfman au montage final, fournissant une demi-heure de musique supplémentaire qui sera enregistrée mi-janvier, à peine un mois avant la sortie définitive du film fixée au 12 février 2010. Ces nouvelles compositions/réécritures concernent essentiellement le début et la fin du film, le reste du métrage conservant intacte la musique d’Elfman.

 

cd-the-wolfman-150x150Bien entendu, ces déboires à répétions mettaient également en péril une éventuelle présence discographique. C’était sans compter sur Varèse Sarabande, qui a su saisir la balle au bond et vient d’annoncer qu’une édition du score de The Wolfman sera disponible le 23 février prochain. Si l’on ignore encore les détails de celle-ci, il est vraisemblable de penser que seules les compositions d’Elfman y seront représentées, qu’elles soient ou non utilisées dans le montage final du film. Tout est bien qui finit (presque) bien…

 

 

Pour en savoir plus : Varèse Sarabande