Un dimanche idéal avec Vladimir Cosma

Le ciel présageait du plus beau des dimanches musicaux en ce 6 septembre, dans le cadre magnifique du parc floral de Vincennes. Le soleil généreux ne pouvait que convenir à l’hommage rendu à la musique jubilatoire d’un des plus grands mélodistes français de notre époque, . L’orchestre d’harmonie de la Garde Républicaine (cuivres, vents et percussions) a ainsi interprété sous la direction d’un chef débordant d’enthousiasme, François Boulanger, quelques unes des plus belles pages du maestro, arrangées par le compositeur pour cette formation.

 

En guise d’introduction, nous avons été doucement pris par la main dans l’univers du dyptique d’Yves Robert adapté de Pagnol : la valse d’Augustine et le ragtime (Les Vacances) du Château de ma Mère et la superbe habanera de La Gloire de mon Père (avec le son des cigales reconstitué par les percussionnistes !). Il est intéressant de noter que, plutôt que de se soumettre à la géographie prégnante de la Provence, le compositeur s’était judicieusement attaché pour ces films au contexte historique de l’épopée pagnolesque, grâce à des clins d’œil à Satie, Prokofiev et la musique populaire américaine.

 

Le plus beau cadeau de cet après-midi fut certainement l’interprétation du concerto pour trompette, dit Concerto Ibérique. Ruben Simeo Gijon, 17 ans, en fut l’interprète magistral récompensé à juste titre par les applaudissements du public. Le jeune soliste s’est emparé avec conviction de sa partition, à travers trois mouvements, un mouvement vif, un mouvement lent, un passage solo qui mène pour finir au mouvement final d’une formidable virtuosité. Le concerto est entièrement inspiré de la musique populaire hispanique, puisant son matériau mélodique dans les ouvrages concoctés par Cosma pour Cuisines et Dépendances et Les Sables Mouvants. S’il y a une œuvre, avec Marius et Fanny,  qui peut convaincre les mélomanes de s’intéresser au talent et à la générosité musicale de , c’est bien celle là. Nous attendons avec impatience l’enregistrement prévu avec la Garde Républicaine, celui-ci ayant été confirmé par le compositeur.

 

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Après une courte pause, les musiciens reviennent sur scène pour nous combler avec une seconde partie assez extraordinaire : l’interprétation de deux suites inspirées de la partition majeure de pour la série Michel Strogoff : un mouvement doux développé à partir du thème romantique de Nadia et la magnifique suite endiablée de la danse tartare, autre moment clé du concert interprété avec vigueur et précision par les musiciens.

 

Pour finir, quoi de plus naturel que de renouer ce lien si fort avec le public avec deux classiques absolus : les suites extraites du Grand Blond avec une Chaussure Noire et de Rabbi Jacob. Des moments musicaux qui éveillent en chacun de nous ces merveilleux souvenirs d’identification parfaite entre musique et cinéma, entre musique et comédie, entre mélodie et jeu de comédiens de génie comme Louis de Funès ou Pierre Richard. L’enthousiasme du public à l’occasion de cet instant de découverte et de nostalgie fut à la mesure de l’événement. est un grand compositeur populaire : accessible, simple, il restera d’ailleurs disponible pour signer quelques pochettes et remercier des spectateurs enthousiastes.

 

Donnons-nous dès maintenant rendez-vous pour le concert au Théâtre du Châtelet le 9 mars prochain, au cours duquel le Maestro interprétera ses plus belles musiques de film. Signalons également cet entretien entre le compositeur et Frédéric Gimello-Mesplomb donné à l’occasion de la création du concerto pour trompette par Marc Soustrot. Parmi les conseils discographiques, signalons bien sûr Vladimir Cosma Dirige l’Orchestre National de Lyon, les Suites Symphoniques avec l’orchestre de la Suisse Romande, et Marius Et Fanny, opéra en deux actes, chez Larghetto Music, ainsi que Majestic Journey chez Naxos, qui propose une version pour euphonium du Concerto Ibérique. Enfin, signalons les manifestations destinées à commémorer les événements sanglants de 1209 à Béziers, marqués notamment par la création mondiale de la cantate 1209 commandée pour l’occasion au compositeur. Deux courts extraits de la cantate jouée à l’Eglise de la Madeleine de Béziers sont d’ailleurs disponibles ici et ici.

 


Remerciements à Laurent Perret, un admirateur de toujours de Vladimir Cosma, pour ses précieuses informations.