Ubeda 2009 : récital, répétitions et concert

  1. Le récital
  2. Les répétitions
  3. Le concert

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22h, ce samedi 18 juillet 2009 : le grand soir. La cour intérieure de l’Hôpital de Santiago est investie dans ses moindres recoins par un public bigarré et nombreux. On y parle espagnol, anglais, italien, allemand, et il y règne une bruyante et joyeuse effervescence. Mais celle-ci ne parvient néanmoins pas à masquer le stress manifeste de dernière minute qui a envahi des organisateurs dont on sait qu’ils ont beaucoup œuvré pour en arriver là. Les musiciens de l’orchestre et du chœur eux-mêmes paraissent anxieux lorsqu’ils s’installent finalement sur la scène, raidis sur leurs sièges. Les visages, entre concentration et inquiétude, sont fermés, et même l’ambiance dans l’assemblée se fait quelque peu électrique… Mais en cet instant crucial, la musique a cela d’extraordinaire qu’elle peut, en quelques fraction de secondes, emporter tous les doutes. Il suffira donc que retentisse dans toute sa majesté l’hymne altier composé par (BSO Spirit Hymn) en ouverture pour que tout le monde soit rassuré : le ton est donné, cette soirée sera mémorable !

 

A tout seigneur, tout honneur, c’est une fois de plus au président de cette cinquième édition et à ses œuvres que reviennent le privilège d’ouvrir le bal : dirige ainsi un Swordfight millimétré et un My Thoughts Be Bloody tourmenté (Hamlet), une Wedding Night passionnée comme il se doit (Frankenstein), une très élégante String Folly (Gosford Park)  et le lumineux Strike Up Pipers de Much Ado About Nothing dont la beauté du chant (Sigh No More, Ladies) a conquis tous les cœurs. Mais c’est qui se charge lui-même d’introduire et de mener son hommage à Emma Thompson (Corasik) en lisant d’abord une lettre écrite pour l’occasion par l’actrice, en espagnol et en anglais, moment à la fois drôle et touchant pendant lequel même un ballon laissera éclater son émotion ! «Pat» Doyle, comme le surnomme affectueusement Emma, confie ainsi à un public captivé son très beau poème musical…

 

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Le temps de rendre un vibrant hommage à avec la mélodie bouleversante d’Agnès Of God, et voici que nous offre à entendre sa toute nouvelle suite symphonique de Tinker Bell (La Fée Clochette), proposant en avant-première quelques notes au parfum d’aventure du tout nouvel opus (encore inédit en France) de la franchise, Tinker Bell And The Lost Treasure (La Fée Clochette et la Pierre de Lune). On retrouvera ensuite la non moins magnifique suite mélodique tirée du film No Me Pidas Que Te Bese Porque Te Besaré, composée par , assurément l’une des grandes révélations espagnoles de ce festival et dont on reparlera assurément.

 

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Au piano, et seulement accompagné d’une soprano pour deux morceaux, donne à entendre une version inédite et dépouillée des partitions qui l’ont rendu célèbre et qui ont participé à l’élaboration du mythe autour des films de Dario Argento : Profondo Rosso (Les Frissons de l’Angoisse), Suspiria, Opera et Phenomena. Malgré un style tout à fait épuré donc, l’approche présentée ici permet de redécouvrir des mélodies fascinantes qui n’ont en rien perdu de leur pouvoir hypnotique. Dommage toutefois que, faute de temps suffisant pour répéter, il n’ait finalement pas été possible de les apprécier dans leur version pour orchestre, comme cela était prévu à l’origine.

 

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Mais c’est en fanfare que la fête musicale continue avec l’entrée sur scène de  : c’est peu d’affirmer que ce moment était l’un des plus attendus de cette soirée. L’assemblée semble même retenir son souffle, bien décidée à goûter chacun des accords des partitions proposées. En première mondiale donc, voici que s’enchaînent la fabuleuse suite extraite de la série Lost, l’imposant Roar! de Cloverfield dans une version certes singulièrement raccourcie mais non moins percutante, le délicat thème de Rémy du délicieux Ratatouille puis, finalement, le glorieux End Credits du tout récent Star Trek. L’orchestre, galvanisé, se donne à fond, et l’enthousiasme ests à son comble : c’est donc avec un tonnerre d’applaudissements, et une ovation amplement méritée pour celui qui a enflammé le petit monde de la musique de film ces dernières années, que se conclut cette première partie.

 

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Un court entracte et nous voici de retour avec et sa fameuse suite Torrente. Accompagné d’une chanteuse pour le thème du premier film, c’est l’acteur Santiago Segura en personne qui vient interpréter la chanson du second : celui qui, en Espagne, est une véritable superstar n’en finit alors pas de cabotiner, renforçant le caractère définitivement parodique de l’ensemble. Un morceau d’anthologie, et une récréation des plus savoureuses…

 

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On se souvient combien sa partition pour El Orfanato (L’Orphelinat) avait suscité une vive émotion lors du grand concert du festival, l’année dernière. , désormais devenu l’une des valeurs montantes du cinéma espagnol, présentait cette fois la musique de sa première collaboration avec le réalisateur Juan Antonio Bayona, le court-métrage El Hombre Esponja : une fois de plus, le talent du jeune compositeur s’y exprime avec beaucoup d’allant et de sensibilité. C’est une évidence, ce garçon-là ira loin, très loin…

 

Jeunesse encore mais avec une toute autre personnalité musicale, celle de l’enthousiaste et terriblement sympathique qui, en deux séquences extraites de sa partition pour le jeu vidéo Afrika, est capable d’évoquer avec un sens épique très affûté toute la majesté et l’ampleur des paysages africains. La musique de lui emboîte le pas, avec une longue suite tirée du film d’animation El Lince Perdido : encore un talent prometteur offert par un cinéma espagnol décidemment bien prolifique.

 

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Et c’est avec beaucoup de bonheur que la scène accueille alors , qui n’a plus qu’à faire fondre son auditoire avec les splendides mélodies de son répertoire, l’Ouverture et le thème principal d’Angel, le thème d’Un Homme et son Chien et l’hymne plein de ferveur de Joyeux Noël.

 

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Le public est alors à point pour le dernier acte de ce concert, dont le placement en queue de peloton n’a été décidé qu’à la dernière minute : surpuissants, s’élèvent les premiers accords orchestraux et choraux de la grande suite Hellraiser / Hellbound, dirigé par le chef espagnol Pascual Osa. La pièce est un feu d’artifice de noirceur et c’est un véritable choc que d’entendre en concert ces deux partitions du maître es-démonologie qu’est Christopher Young : le public ne s’y trompera pas et, au bout de ce long et éreintant concert, trouvera encore la force d’offrir au compositeur, puis à tous les artisans de cette soirée gigantesque, une standing ovation appuyée.

 

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►►► Le programme complet du concert

 


Rédaction : Olivier Desbrosses, Florent Groult & Stéphanie Personne.

Réalisation vidéo : Olivier Desbrosses & Florent Groult.

Montage vidéo : Olivier Desbrosses.

Remerciements à David Doncel et à toute l’équipe du Festival International de Musique de Film d’Ubeda.

© UnderScores 2009.

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