Alex North : une notice biographique

Master Class | TrombinoScore | Par Florent Groult | Publié le 09/05/2009   

  1. 1910 - 1937 : De l'apprentissage aux planches de Broadway
  2. 1938 - 1949 : De Mexico à New York, de la guerre à la scène
  3. 1950 - 1959 : Hollywood par la grande porte
  4. 1960 - 1969 : Spectacles grandioses, odyssée inachevée
  5. 1970 - 1991 : Derniers honneurs, ultimes accords

 

Difficile pour un compositeur de quitter définitivement le foisonnement créatif de la côte est, mais les portes d’Hollywood à peine ouvertes, jette un pavé dans la mare dès le premier long-métrage : ce n’est plus qu’une question de temps…

 

 

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Avec beaucoup de difficulté, Elia Kazan parvient à imposer North pour écrire la musique de son adaptation cinématographique de A Streetcar Named Desire (Un Tramway Nommé Désir) et lui donne carte blanche. Le compositeur reçoit dès son arrivée à Hollywood les soutiens de Ray Heindorf et Alfred Newman (respectivement directeurs musicaux de la Warner et de la Fox) qui ont tous deux eu pour tâche d’évaluer le cursus musical de North, ainsi que celui de Hugo Friedhofer. Rêvant toujours de musiques de scène (The Innocents d’après Henry James en février) et d’œuvres de concert (Three Pieces For Chamber Orchestra en janvier), North refuse par contre de s’installer directement en Californie et multiplie les allers-retours entre Hollywood et New York. Si Kazan, qui lui a déjà parlé de son Viva Zapata! (lequel devait à l’origine être son premier long-métrage), inscrit dès lors par contrat le nom d’ pour tous ses projets à venir, jamais de sa vie le compositeur ne s’engagera sur une longue durée avec un studio, malgré notamment les sollicitations répétées de la Fox.

 

 

1951


Naissance de sa fille, Elissa. Le couple North déménage dans la foulée dans un appartement spacieux de la West End Avenue de New York et achète également une maison à Ridgefield dans le Connecticut. En janvier sort sur les écrans le premier film auquel il a participé pour la Fox, The Thirteenth Letter d’Otto Preminger, et à l’automne A Streetcar Named Desire s’avère être un énorme succès : sa partition de jazz symphonique (qui sera adaptée sous la forme d’un ballet pour la compagnie de Mia Slavenska et Frederic Franklin dès l’année suivante) marque durablement les esprits et, de l’avis de nombre de compositeurs, ouvre alors pour la musique au cinéma des perspectives jusqu’ici ignorées des studios. Il finit de composer pour Viva Zapata! en octobre et pour l’adaptation cinématographique de Death Of A Salesman (Mort d’un Commis Voyageur) en décembre. Il signe aussi sa première expérience télévisuelle en direct pour le Billy Rose Show.

 

 

1952


Nominé deux fois à l’Oscar cette année-là, vit comme beaucoup d’autres dans la crainte d’être convoqué par la commission des activités anti-américaines liée au McCarthysme. Son nom aurait bel et bien circulé, mais il ne sera finalement jamais appelé à témoigner malgré ses positions ouvertement à gauche, l’activisme de son frère Joseph et ses liens avec l’U.R.S.S. (il est toujours membre de la Société des Compositeurs Soviétiques). Par ailleurs, il est profondément choqué lorsqu’il apprend dans le Sunday Times le contenu du témoignage d’Elia Kazan : les deux hommes ne se reparleront plus. Il compose les musiques des films Les Misérables de Lewis Milestone, The Member Of The Wedding de Fred Zinnemann et de son premier western, Pony Soldier (La Dernière Flèche) de Joseph M. Newman.

 

 

1953


Derniers rendez-vous avec le théâtre pour avec deux adaptations d’œuvres de Shakespeare, Richard III (première le 9 décembre 1953) et Coriolanus (première le 19 janvier de l’année suivante).

 

 

1954


Compose la partition pour Go, Man, Go de James Wong Howe et collabore avec Alfred Newman pour celle de Desirée de Henry Koster. L’une de ses pièces de concert, Holiday Set (pour orchestre de chambre), composée en 1945 mais jamais présentée en public, est enregistrée par l’Orchestre Philharmonique de Vienne sous la direction de Charles Adler dans le cadre d’un disque intitulé American Life.

 

 

1955


Si son nom apparaît aux génériques de Man With The Gun (L’Homme au Fusil), The Racers (Le Cercle Infernal), The Rose Tattoo (La Rose Tatouée) et I’ll Cry Tomorrow (Une Femme en Enfer), ces deux derniers marquant le début de sa longue collaboration avec Daniel Mann, ainsi qu’à celui des scènes de ballet conçues par Roland Petit pour Daddy Long Legs (Papa Longues Jambes), compose surtout cette année-là la musique du drame carcéral Unchained pour lequel il signe notamment, sur des paroles de Hy Zaret, une chanson qui fera le tour du monde et sera très souvent réinterprétée par la suite : il s’agit bien sûr de la fameuse Unchained Melody. La famille North finit par s’installer en Californie en septembre, à Bel Air, dans une maison construite par Al Jolson. Dans le déménagement, l’une des malles contenant la plupart de ses partitions pour ballet est malheureusement perdue.

 

 

1956


Il collabore avec Mervyn LeRoy pour The Bad Seed (La Mauvaise Graine), Jack Sher pour Four Girls In Town et Raoul Walsh pour The King And Four Queens (Le Roi et Quatre Reines) mais c’est sa partition pour The Rainmaker (Le Faiseur de Pluie), réalisé par Joseph Anthony, qui lui vaudra une nouvelle (et vaine) nomination à l’Oscar (celle de The Rose Tattoo vient elle aussi d’échouer).

 

 

1958


Alors qu’il n’a fourni au cinéma qu’une seule et unique composition en 1957, The Bachelor Party (La Nuit des Maris), North composera cette année-là pour The Long, Hot Summer (Les Feux de l’Eté) de Martin Ritt, Hot Spell (Vague de Chaleur) de Daniel Mann, Stage Struck (Les Feux du Théâtre) de Sidney Lumet et le film documentaire Cinerama South Seas Adventures. En juillet, la tenue de l’exposition universelle en Belgique lui offre l’opportunité de se rendre à Bruxelles où il dirige la première du ballet qui lui a été commandé pour l’occasion, Souvenirs For Another Generation (Le Mal du Siècle). Il en profite ensuite pour voyager en famille quelques mois en France avant de rentrer aux Etats-Unis pour accepter la proposition du studio Universal de mettre en musique leur plus importante production alors mise en chantier, Spartacus.

 

 

1959


Il retrouve Martin Ritt pour The Sound And The Fury (Le Bruit et la Fureur) et travaille pour The Wonderful Country (L’Aventurier du Rio Grande) de Robert Parrish qui rapportera à son escarcelle une nouvelle nomination à l’Oscar de la meilleure musique originale. Pendant cette période et jusqu’au milieu des années 60, contribue ponctuellement à diverses productions télévisuelles, notamment pour la CBS (dont le célèbre Playhouse 90), Warner Television ou encore ABC.

 

 

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