La Symphonie Fantastique de Bernard Herrmann

  1. Introduction
  2. Création et créatures
  3. Dissonances épiques
  4. Symphonie pour squelette et orchestre
  5. Continuité et rupture

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Il est fascinant de constater à quel point le compositeur, tout d’abord réticent, parvient non seulement à assimiler l’univers nouveau qui lui est donné à illustrer, mais aussi et surtout à transcender cet univers en l’intégrant à son propre univers musical. En effet, si le début de sa partition se situe encore à la frange de la grande tradition du score épique, il dérive implacablement vers un schéma de plus en plus radical et sans concessions. Par cette rupture brutale avec les codes établis et son mépris des conventions, Herrmann impose sa vision presque subversive du genre, dans une démarche finalement très représentative de son approche globale de ce que doit être la musique de films.

 

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La grève des musiciens américains qui avait déjà empêché Herrmann de diriger les sessions de Vertigo (Sueurs Froides) à Los Angeles (Muir Mathieson s’en était chargé, d’abord à Londres puis à Vienne) sévissait toujours. Pour cette raison, l’enregistrement du score est crédité au même Mathieson, à la tête du Graunke Symphony Orchestra de Munich. En réalité, Herrmann, fort mécontent de la direction d’orchestre de son collègue, enregistra en secret (la plupart des musiciens anglais soutenaient leurs collègues grévistes d’outre-atlantique) sa partition aux studios de Shepperton avec des musiciens londoniens.

 

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Un album contenant environ 35 minutes de score fut édité l’année suivante par Colpix, puis réédité cette fois en stéréo par Varèse Sarabande, d’abord en LP en 1980 puis en CD en 1986. Celui-ci est bien sûr épuisé et introuvable depuis bien des années. Herrmann enregistrera en 1973 avec le National Philharmonic Orchestra une courte suite pour l’album The Fantasy Film World Of , mais c’est le réenregistrement édité en 1998, toujours par Varèse Sarabande et interprété par le Royal Scottish National Orchestra sous la baguette énergique de John Debney, qui offre la présentation la plus complète avec près d’une heure de musique, et bénéficie d’une qualité sonore bien supérieure aux enregistrements précédents (c’est d’ailleurs cette version qui a été utilisée comme référence pour l’analyse ci-dessus) et d’un magnifique habillage graphique signé Matthew Joseph Peak. Il ne s’agit cependant pas d’une intégrale, puisque même si les pièces essentielles sont effectivement disponibles, 23 morceaux totalisant environ 15 minutes de musique restent totalement inédits (le score totalise 68 minutes). Une édition complète reste donc à espérer, et pourrait être envisagée quand on connaît la popularité du score d’Herrmann tant auprès des amateurs de musique de film que des mélomanes de tous horizons.

 


Photographies : © Columbia Pictures

 

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