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Films... j"aime ou j'aime pas

Nouveau messagePosté: Mer 28 Fév 2018 22:04
de Lee Van Cleef
Hé, Grand Sachem ! Contrairement aux allégations calomnieuses que tu jubiles à répandre au sujet du passéisme dont je serais englué de haut en bas, il m'arrive, mais oui, parfaitement monsieur l'emplumé, de prendre beaucoup de plaisir à la vision d'un film récent. C'est clair, y'a anguille sous roche, subodoreras-tu sans aucun doute. Et si l'on y regarde de près, l'on s'apercevra que Wonder Wheel, le dernier titre à avoir produit sur moi ce petit miracle, n'est pas l'oeuvre d'un p'tit jeune plein de promesses mais d'un maître octogénaire siégeant à la tête d'une filmographie qui s'étire aussi loin que l'oeil humain peut porter. Précisons encore que Woody Allen brasse ici nombre des thèmes qu'il bichonne depuis maintenant quelques décennies, et tu devais comprendre sans mal, perspicace Misqua, que le plaisir du vieux Van Cleef est né de la délicieuse exhalaison de ces remugles de vide-grenier.

En terre familière également, dans le rôle qu'elle connaît sur le bout des doigts de la femme mariée dont les frustrations la taraudent implacablement, Kate Winslet sort un sacré numéro, toujours à un souffle de tomber dans le sordide et l'hystérie mais dédaignant avec une classe suprême de céder à la vile tentation. Cette bonne vieille ganache de Jim Belushi, que je n'avais plus croisé depuis une éternité sur les écrans, petits ou grands, lui donne la réplique en s'appuyant sur tout son charisme mafflu. Le ménage bien mal assorti qu'ils composent laisse fuser avec des sifflements de geyser quantité de rancoeurs coriaces et de vieux démons, dont on croit deviner les reflets dans le kaléidoscope de couleurs mouvantes, (presque) digne de Mario Bava, que tatoue sur les visages renfrognés un décor quasi unique de fête foraine. Voilà, pour ma part, un Woody joliment fuselé.

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Nouveau messagePosté: Dim 1 Avr 2018 22:32
de Misquamacus
J'ai rien compris ! :lol: (Mais merci pour le tuyau ;) )
Sinon... "Cold Skin" de Xavier Gens. Au delà de l'histoire qui peut (ou ne pas) plaire, tout est hyper chiadé et peaufiné dans ce film. Tout. La mise en scène, la narration, les décors, les costumes, le jeu des acteurs, tous excellents, les FX, les maquillages, la belle musique, tout. Et pourtant ce film de genre ne va pas sortir en salle en France... :(
C'est hyper frustrant.
Je suis très content d'avoir pu profiter de l'expérience en salle dans le cadre du très sympathique festival "Le Temps des Chimères" au Puy en Velay.

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Nouveau messagePosté: Lun 2 Avr 2018 11:27
de Le Yéti
Vu : Ready Player One.

Énième et interminable resucée de Joseph Campbell avec — au choix — des références expliquées comme si j'étais un crétin, des références de crétins, des références mal utilisées — le Géant de Fer devenue arme de guerre féroce, bravo le veau. Les personnages s'extasient d'une culture réduite à peau de chagrin et s'en vantent. Spielberg offre au spectateur-torturé quelques belles séquences, mais pour qui ? pour quoi ? Il est tellement âgé qu'il ne sait même pas ce qu'il filme ou ce qu'il raconte. Et puis j'en ai personnellement ma claque de ces films anti-capitalistes sortis des usines d'Hollywood aux leçons de morale indignes d'un livre pour mioches. L'amour et l'amitié sont plus forts que tout, l'argent c'est mal, on ne doit pas y succomber… merci les gars, j'y avais jamais pensé avant, et puis c'est fait avec le main sur le cœur, alors ça doit être vrai.

Quant à Silvestri… Il est sous-mixé la moitié du temps, mais quand on l'entend, on sent un vrai travail à l'image, une vraie construction thématique. C'est charmant et malin, paradoxalement neuf dans un paysage musical quand même pas folichon. Moi qui avait pas forcément adoré ma première écoute CD, je me suis régalé dans le film.

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Nouveau messagePosté: Lun 2 Avr 2018 12:19
de Scorebob
"le Géant de Fer devenue arme de guerre féroce, bravo le veau"

Je ne sais pas si tu t'en souviens mais à la base c'en est une , c'est le pet qu'il avait au casque qui lui avait fait oublié sa programmation de destructeur aux armes dissimulées redoutables révélées vers la fin.

https://www.youtube.com/watch?v=fu0scA8kqHQ





John Smith

John Smithil y a 1 an

+Dostoron there is a deleted scene that shows the giant as part of an alien army ravaging planets


Répondre• 19


jamie maglio

jamie maglioil y a 1 an

John Smith actually he was a part of a war with an army of giant Giants. the war destroyed their own Planet he was a Survivor and crashed on Earth after I blew up. him getting so angry remove the bump and Jogged his memory of what he was.

Répondre• 22


Lucky Left-Eye

Lucky Left-Eyeil y a 1 an

+jamie maglio Where on earth did you get any of that from?


Répondre• 17

Ethan Steffek

Ethan Steffekil y a 1 an

Lucky LeftEye there was a deleted scene that was in storyboard form as a special feature. they completed it and few other and added them to the signature edition for the 15th anniversary of the film.

Extrait des commentaires de YouTube et qui l'expliquent en détails.

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Nouveau messagePosté: Lun 2 Avr 2018 14:21
de Le Yéti
Bah tout le propos du film original c'est quand même… le pacifisme. Oui, c'était un robot géant destructeur et tout… mais je trouve ça un peu chelou de prendre ce personnage incroyable pour lui foutre, dans RPO, des lance-roquettes sur le dos et tuer tout le monde (dans un monde numérique).

Je chipote, mais j'avais plein de temps de cerveau disponible pour y penser.

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Nouveau messagePosté: Lun 2 Avr 2018 17:37
de Scorebob
En faisant de son corps un pont pour aider nos héros a franchir le ravin on le retrouve un peu quand même notre géant de fer.

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Nouveau messagePosté: Lun 2 Avr 2018 21:30
de Le Yéti
Jusqu'à la blague du pouce. Mouaif.

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Nouveau messagePosté: Mar 3 Avr 2018 08:09
de Gizmo
vu aussi Ready Player One et tout le contraire du yéti, j'ai adoré.

Rien que pour la séquence de "l’énigme numéro 2", ce film est extraordinaire.

Chef d'oeuvre

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Nouveau messagePosté: Mar 3 Avr 2018 11:24
de Brother Cadfael
Le Yéti a écrit:Bah tout le propos du film original c'est quand même… le pacifisme. Oui, c'était un robot géant destructeur et tout… mais je trouve ça un peu chelou de prendre ce personnage incroyable pour lui foutre, dans RPO, des lance-roquettes sur le dos et tuer tout le monde (dans un monde numérique).

Et faire s'affronter un Superman qui choisit un Méchagodzilla contre un robot qui lui avait justement choisi d'être Superman, non ? Quelqu'un ? Bon tant pis... (et pour le reste au passage il s'agit avant tout d'avatars dont chaque utilisateur fait ce qu'il veut dans l'Oasis).

Tout ça pour dire que j'ai pris une claque avec ce film, tant d'un strict point de vue de mise en scène que dans le foisonnement de ce que Spielberg évoque et questionne. Voilà.

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Nouveau messagePosté: Mar 3 Avr 2018 11:38
de Scorebob
Du pur divertissement jouissif et bien réalisé.

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Nouveau messagePosté: Mar 3 Avr 2018 13:27
de Misquamacus
Brother Cadfael a écrit:Tout ça pour dire que j'ai pris une claque avec ce film, tant d'un strict point de vue de mise en scène que dans le foisonnement de ce que Spielberg évoque et questionne. Voilà.


Tout pareil. Et je vais retourner le voir en plus. :P

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Nouveau messagePosté: Mar 3 Avr 2018 14:59
de Inpou
Le Yéti a écrit: Spielberg (...) Il est tellement âgé qu'il ne sait même pas ce qu'il filme ou ce qu'il raconte.

... ... ...

Merci Le Yéti, ta blague va me faire la journée! :lol:

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Nouveau messagePosté: Mar 3 Avr 2018 16:02
de Le Yéti
Je travaille dans le jeu vidéo, c'est peut-être pour ça que j'ai eu l'impression de voir Jean-Pierre Pernaut me parler de "touitche" et de "overouatche" ?

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Nouveau messagePosté: Mar 3 Avr 2018 16:42
de Edern
Je n'ai pas vu le film, mais... j'avoue que quelque chose m'a rebuté lorsque j'ai découvert la bande-annonce c'est la phrase "ici, la seule limite est votre propre imagination" et en voyant que tout tournait autour de références à des œuvres de la culture commerciale, j'avais plus l'impression que "ici, la seule limite est l'imagination des autres" :mrgreen:
Après, il est justement peut-être question de ça dans le film, dépasser ses modèles/références et les "digérer" pour faire quelque chose de neuf, plutôt que d'imiter ce qui existe déjà ?

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Nouveau messagePosté: Mar 3 Avr 2018 16:59
de Le Yéti
Edern a écrit:Après, il est justement peut-être question de ça dans le film, dépasser ses modèles/références et les "digérer" pour faire quelque chose de neuf, plutôt que d'imiter ce qui existe déjà ?

Pas une fraction de seconde.

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Nouveau messagePosté: Mer 4 Avr 2018 17:01
de Gizmo
Le Yéti a écrit:Je travaille dans le jeu vidéo, c'est peut-être pour ça que j'ai eu l'impression de voir Jean-Pierre Pernaut me parler de "touitche" et de "overouatche" ?


je comprends mieux, forcement le film te rappelle le boulot ! :D

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Nouveau messagePosté: Mar 10 Avr 2018 02:40
de Alcibiade
"Ready player one" :?:
Ayant examiné d'un oeil torve la dernière production spielbergienne, je reste pantois : sous le déluge de référentiels que seuls les quadragénaires cinéphiles (un peu séniles quand même, puisqu'il faut constamment leur rappeler à l'écran leur passé misérable de dévoration cinématographique et ludique) peuvent saisir, la trame antédiluvienne de réconfort du virtuel stimulant sur le réel somnolent que le "Avalon" d'Oshii avait bien mieux rendu (mais déjà avant le "Tron" de Lisberger, et même -j'ose- le "Running Man" de Glaser) s'enlise dans la contradiction absolue : à quoi bon dénoncer la tyrannie de l'image et des relations virtuelles sur le ton de l'édification moralisatrice et ceci en utilisant toutes les ficelles de l'ère numérique et des effets acoustiques qu'une caisse de résonance ne peut même pas contenir si une telle production ne s'accorde aucun répit pour la distanciation réflexive ?
Outre cela, l'enjeu final reste la destruction ou plutôt la limitation d'accès à cette oasis virtuelle par la frénésie du jeu lui-même. Autrement dit, guérissons le mal par le mal en allant encore plus loin dans l'odyssée technologique de sorte que la conscience s'éveillera (comme si on soignait une addiction à l'héroïne par une overdose) ! Dans le Mamoru Oshii, il ne s'agissait pas de détruire le jeu (ou la technique) pour revenir à la réalité (puisque le processus technologique est irréversible, et en cela le film de Oshii est plus malin et métaphysique), il s'agissait d'atteindre un palier supérieur de réalité par le jeu lui-même, une sur-réalité ; la réalité initiale étant un faux-semblant.
Pire que cela enfin, le message est inaudible pour tous. Et autour de moi (et comme je les comprends), tous les "djeunes" étaient branchés sur leur smartphone, totalement anesthésiés non par les images (vues et revues) mais par la réalité : le réel "virtualisé". Voilà le comble de l'ironie : un film qui entend s'adresser aux nouvelles générations en sermonnant benoîtement et tautologiquement "la réalité, c'est la réalité" mais qui s'adresse "en réalité" aux vieilles générations qui ne peuvent même pas se retrouver dans le jeu heurté de la narration cinématographique actuelle et qui se console donc en prenant un plaisir mesquin à recenser (pour passer le temps) les allusions à un temps révolu : merveilleux, le réveil du dragon par la formule cabalistique du Merlin de Boorman ! Super la moto d'Otomo ! Incroyable, la grenade sacrée des Worms ! Loufoque la Delorean du Doc ! Sublime le "Easter egg" cher aux jeux Atari ! Incommensurables les apparitions de King-Kong et de Godzilla ! Et j'ai vu là traîner un chestbuster et le Sulaci, et on me parle même de "Dune" en plus ! Etc. et à n'en plus finir en plus !
Bref, un joyeux bordel de copier-coller d'un travail de tâcheron de fac où la fluidité et la profondeur du propos deviennent secondes par rapport à la densité des connaissances fossilisées arbitrairement ponctionnées ici ou là sans discernement et compréhension. On dira certes qu'il s'agit d'un film de vieux ayant gardé son âme d'enfant ! L'enchantement produit est plutôt celui d'une âme de vieux dans une peau siliconée d'ado.
Par contre, il y a un point sur lequel on ne peut transiger : l'intégration du score (et ceci quoiqu'on pense du score lui-même) de Silvestri aux images a été véritablement pensée.

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Nouveau messagePosté: Mar 10 Avr 2018 07:24
de Gizmo
forcement comme je suis un vieux un peu sénile et pas très malin le film m'a plus : merci Steven de penser encore à nous qui n'avons pas l’incommensurable intelligence des nouvelles générations

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Nouveau messagePosté: Mar 10 Avr 2018 09:42
de Starfe
Quand j'étais ado, je lisais, et on me disait, que mes Retour vers le futur, Goonies, SOS Fantômes ou autres Jack Burton que j'adoraient étaient vraiment bas du plafond, infantilisant, Hollywoodien dans le sens pas du tout noble du terme et que franchement, le cinéma, c'était mieux avant. On fait le même procès à ce film qui est un pur divertissement et que l'on aurait célébré de la même façon si le voile du cynisme ne frappait pas autant de gens passé un certains age (et de plus en plus tôt malheureusement). Mon gamin qui a 13 ans, gamer addict et à fond dans le virtuel, a adoré le film. Et moi aussi, qui ne suis en aucun cas un gamer. Peut-être parce que je l'ai aussi un peu vu à travers ses yeux. Mais j'ai vraiment retrouvé un plaisir d'ado avec ce film, certes pas dénué de défauts ou d'incohérences, mais tellement ludique. Un divertissement, au beau sens du terme, que l'on peut aussi décortiquer et intellectualiser bien sur, mais peut-être en se rappelant dans quel but il a été fait.

Et bravo à Spielberg de pouvoir signer en même temps un film "de son age" et un film destiné à une autre génération, avec un brio égal. Et avec du succès parce que RPO, comme Pentagon Papers, fonctionne plutôt bien au box-office.

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Nouveau messagePosté: Mar 10 Avr 2018 10:22
de Scorebob

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Nouveau messagePosté: Mar 10 Avr 2018 17:55
de Misquamacus
Gizmo a écrit:forcement comme je suis un vieux un peu sénile et pas très malin le film m'a plus : merci Steven de penser encore à nous qui n'avons pas l’incommensurable intelligence des nouvelles générations


:lol: :lol: Oui, c'est vrai, nous sommes des blaireaux de la pire espèce ! Tiens, je peux même régresser encore plus en dégainant à ceux qui n'ont pas aimé le travail du tâcheron Spielberg la fameuse tirade de Goldie Hawn à Steve Martin dans "Fais comme chez toi" (1992, un navet donc) : "Fais-toi pousser des ailes et va chier dans un arbre !" (Si c'est pas de la regression à 50 balais, alors je ne sais plus...)

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Nouveau messagePosté: Mer 11 Avr 2018 18:49
de Lee Van Cleef
Evidemment, la mention "Directed by Steven Spielberg" encourage à pléthore de théorisations variablement alambiquées. En surface, il y a le roi (déchu) de l'entertainment hollywoodien, confrontant son savoir-faire et sa légende aux rejetons m'as-tu-vu d'une industrie qu'a rendu obèse sa faim gloutonne de spectacle virtuel. Juste un peu plus bas, après avoir gratté le vernis flashy dont rutile Ready Player One, l'on tombe nez à nez avec le Cinéaste qui ne Voulait pas Grandir, l'air malheureux sous sa tignasse ébouriffée, reclus dans une chambre en joyeux désordre qu'il partage avec un petit garçon solitaire. De quoi remplir des pages et des pages d'exégèse frénétique, n'est-ce pas ? Et louanger, ce faisant, le triomphe de l'Auteur, toujours capable des années après d'écarquiller des yeux émerveillés, face aux hordes de mercenaires obnubilés par l'épate gratuite.

Pour être honnête, j'aurais adoré que le film me donne à moudre un grain si riche. Mais la réalité s'avère hélas bien moins complexe : Ready Player One, ce sont des mégatonnes de héros fabuleux et de monstres redoutables passés à la postérité, d'inoubliables univers créés par les cerveaux fêlés de la pop culture, des mannes graphiques et musicales ayant cru et prospéré à l'échelle du monde, et bien sûr quarante ans de formidable bouillonnement vidéoludique, qu'un récit con comme la lune et dirigiste jusqu'à la névrose mâchonne ainsi qu'un radis fripé puis régurgite, avec un rot bien peu distingué, sous la forme d'une hoquetante cinématique Warcraft de deux plombes. La laideur carrément abyssale de la direction artistique n'embellit guère ce déprimant tableau, le casting tête à claques pas davantage. Et lorsque tout à coup, brasille par extraordinaire une étincelle de vie, un délicieux sentiment d'incongruité produit par ces silhouettes bariolées arpentant d'un pas craintif les couloirs marmoréens de l'Overlook, la parade hystérique des zombies fluos s'en vient ventre à terre remettre tout le sacré bazar sur de plus conformes rails. Un film très personnel dans la carrière de Spielberg, soutenez-vous mordicus ? Voyez-vous, je n'ai pas forcément envie de répondre non. Ce qui ne l'empêche pas d'être aussi et surtout l'un des plus calamiteux.

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Nouveau messagePosté: Mer 11 Avr 2018 23:05
de Scorebob
Ah non son BGG était calamiteux , RPO à le mérite d'être fun.

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Nouveau messagePosté: Jeu 12 Avr 2018 20:39
de Misquamacus
Lee Van Cleef a écrit:Evidemment, la mention "Directed by Steven Spielberg" encourage à pléthore de théorisations variablement alambiquées. En surface, il y a le roi (déchu) de l'entertainment hollywoodien, confrontant son savoir-faire et sa légende aux rejetons m'as-tu-vu d'une industrie qu'a rendu obèse sa faim gloutonne de spectacle virtuel. Juste un peu plus bas, après avoir gratté le vernis flashy dont rutile Ready Player One, l'on tombe nez à nez avec le Cinéaste qui ne Voulait pas Grandir, l'air malheureux sous sa tignasse ébouriffée, reclus dans une chambre en joyeux désordre qu'il partage avec un petit garçon solitaire. De quoi remplir des pages et des pages d'exégèse frénétique, n'est-ce pas ? Et louanger, ce faisant, le triomphe de l'Auteur, toujours capable des années après d'écarquiller des yeux émerveillés, face aux hordes de mercenaires obnubilés par l'épate gratuite.

Pour être honnête, j'aurais adoré que le film me donne à moudre un grain si riche. Mais la réalité s'avère hélas bien moins complexe : Ready Player One, ce sont des mégatonnes de héros fabuleux et de monstres redoutables passés à la postérité, d'inoubliables univers créés par les cerveaux fêlés de la pop culture, des mannes graphiques et musicales ayant cru et prospéré à l'échelle du monde, et bien sûr quarante ans de formidable bouillonnement vidéoludique, qu'un récit con comme la lune et dirigiste jusqu'à la névrose mâchonne ainsi qu'un radis fripé puis régurgite, avec un rot bien peu distingué, sous la forme d'une hoquetante cinématique Warcraft de deux plombes. La laideur carrément abyssale de la direction artistique n'embellit guère ce déprimant tableau, le casting tête à claques pas davantage. Et lorsque tout à coup, brasille par extraordinaire une étincelle de vie, un délicieux sentiment d'incongruité produit par ces silhouettes bariolées arpentant d'un pas craintif les couloirs marmoréens de l'Overlook, la parade hystérique des zombies fluos s'en vient ventre à terre remettre tout le sacré bazar sur de plus conformes rails. Un film très personnel dans la carrière de Spielberg, soutenez-vous mordicus ? Voyez-vous, je n'ai pas forcément envie de répondre non. Ce qui ne l'empêche pas d'être aussi et surtout l'un des plus calamiteux.


ça se défend. A partir d'un certain âge. En attendant je lance une collecte pour te payer un "Stana". Parce que pour se faire pousser des ailes, c'est foutu pour toi... :lol:

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Nouveau messagePosté: Ven 13 Avr 2018 18:50
de Lee Van Cleef
Misquamacus a écrit:Parce que pour se faire pousser des ailes, c'est foutu pour toi... :lol:


Pas grave, je chaparderai celles de Sam dès qu'il aura le dos tourné.