Films... j"aime ou j'aime pas

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Nouveau messagede Misquamacus le Mer 6 Sep 2017 15:48

J'ai profité de son passage sur ARTE pour remater le film de Verneuil. Plages de Dunkerque, 1940, débâcle des anglais qui regagnent leur pays devant l'avancée allemande, bombardements à découvert... ça ne vous rappelle rien ? Mais là où Nolan mets de la technique et Zimmer un gros métronome, Henri Verneuil touche au coeur et Maurice Jarre illustre superbement une histoire d'amour. Basé sur un livre prix Goncourt de Robert Merle, "Week-end à zuydcoote", en se plaçant du côté intime de la guerre, et aidé par une distribution de ouf' (Belmondo, Perrier et Marielle en tête), enfonce sans problème le récent "Dunkirk". à revoir donc !
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Nouveau messagede Lee Van Cleef le Mer 6 Sep 2017 19:04

Misquamacus a écrit:Basé sur un livre prix Goncourt de Robert Merle


Un bouquin sur lequel mes yeux avides ne rechigneraient absolument pas Ă  se poser, je dois dire.
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Nouveau messagede Gizmo le Ven 8 Sep 2017 08:45

moi j'aime bien les 2 films, même si j'ai une préférence pour le Verneuil (il est vrai le casting est parfait ! )
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Nouveau messagede Misquamacus le Sam 16 Sep 2017 15:13

"ça" Bon. Alors... Je vais m’étendre, « ça » le mérite. Déjà séance de nuit en avant-première donc salle décorée, ouvreuse en ciré "Georgie" staïle (sympa !) et clown qui circule dans les allées avant le film (un type avec un masque banal, y'avait mieux à faire...) Présentation inaudible du film via un court clip intéressant pour qui voulait avoir des infos. Volume du son trop faible + brouhaha. Enfin, mais c'était prévu, projection chaotique car salle bondée avec des mioches dans tous les coins (dont certains beaucoup trop jeunes qu'on a laissé entrer) et donc hurlements de terreur forcés à chaque apparition de Pennywise. Certains feints, la plupart réels et il y a du mioche qui n'a pas du dormir beaucoup cette nuit (bien fait ! lol !) Le perso du cinéma a du intervenir (un peu tard) et menacer de virer une bande de loustiques un peu trop virulents.

Le film maintenant, et c'est là le plus important. Ceux qui me connaissent savent que Stephen King représente beaucoup pour moi, on va dire que je suis son « Number one fan », et que j’adore la version téléfilm malgré ses défauts, car elle avait su capturer l’essence de l’histoire et que Tim Curry était fabuleux. Du reste, ce téléfilm est devenu logiquement culte. Rare de ne pas trouver un élève traumatisé par « ça », dans chaque classe et chaque année. Merci M6 pour « Il est revenu ». Je n’étais donc pas trop chaud pour ce remake ciné mais peu à peu, j’ai été intrigué. 2 films finalement ? Bien ! Cary Fukunaga sur le projet ? bien puis pas bien quand il est parti. Le réal’ de l’efficace « Mama » à la barre ? Bien ! Première BA ? Bien ! (d’ailleurs les producteurs ont du se dire la même chose. Il y avait une grosse attente !) Je me suis donc laissé prendre au jeu, j’ai découvert Pennywise, les BA, la musique de Wallfish (on en reparle !)

"It" est un film d'horreur qui s'assume donc suspens, "Jump-scares", Fx efficaces et ficelles connues mais efficaces. « ça » ne fait pas vraiment peur mais il y a quelques scènes délicieuses qui font frissonner pour l'amateur de l'histoire. C’est plus ludique que terrifiant mais ça fonctionne. En l’état, « ça » aurait pu (c’est pratique ce titre dit donc !) rester un bon film de genre mais…
D’abord le scénario trouve un équilibre quasi-miraculeux entre la peur viscérale, le fun, les sentiments et l’intrique. Le terme « quasi » étant presque superflu. Dans « ça », on passe du rire au frisson et aux larmes en quelques scènes. Aucun ennui, narration implacable et impeccable. Fukunaga est toujours crédité au scènar’, il serait intéressant de connaître son apport.

Ensuite le téléfilm avait réussi à capturer l’essence du roman… Et le film fait mieux encore ! C’est du Stephen King jusque dans les dialogues, certains étant d’ailleurs directement issu des pages. J’ai eu l’impression de le relire 30 ans après. Et pourtant la narration n’est pas la même (pas de version adulte des personnages, on en parle à peine au détour d’une réplique et c’est super bien vu) et il manque donc logiquement des choses. Et oui, l’absence des adultes annihile toute idée de souvenirs. On aura « ça » dans l’opus 2. Par contre, vu qu’il y a changement d’époque (des années 60 à 80), il y a quelques ajouts scénaristiques, souvent drôles, mais pas que. Cette modification aurait pu paraître opportuniste (elle l’est sûrement un peu) mais finalement elle fonctionne du tonnerre. Et promet pour la suite en l’ancrant à notre époque actuelle. Enfin dès la première (et célèbre !) scène, le réalisateur annonce sa note d’intention. Il était d’ailleurs très drôle d’entendre les rires s’éteindre dans le cinéma…

Enfin, le casting est juste parfait, jusqu’aux tréfonds de ses personnages secondaires (Henry Bowers, La mère d’Eddy, le père de Bevie, Le pharmacien, tous impeccables !). Bill Skarsgard se démarque logiquement de Tim Curry (qui a droit à son hommage furtif mais sympa). Le nouveau Pennywise n’est pas souvent drôle – et quand il l’est, ça fait mouche ! – ni sympa et souvent terrifiant. Son regard légèrement déphasé est trop troublant pour être honnête, sa façon de bouger saisissante. Et quand il s’énerve, faut se planquer ! Ses nombreux avatars (Le lépreux, la femme du tableau, l’enfant sans tête) ne sont pas mal du tout, avec des FX soignés et efficaces.

Le club des ratés est juste incroyable de cohésion. Gros travail en amont avec les enfants acteurs apparemment. Stan (Wyatt Olef) promène sa carcasse désabusé et incrédule avec beaucoup de retenue. Son seul sourire du film réchauffe les cœurs. Mike (Chosen Jacobs), le moins présent dans le récit apporte son côté triste et déjà quasi adulte par la force des choses. Pas trop d’école pour lui. Il faut travailler ! Ben « Meule de foin » (Jeremy Ray Taylor) apporte sa candeur mais aussi son côté petit gros « casse-bonbon » présent dans le livre. Sa première scène est hilarante et mémorable. Sa seconde terrifiante. Eddie (Jack Dylan Grazer) est malingre juste ce qu’il faut, et sa complicité avec Richie est formidable. A l’inverse opposé de ses rapports avec sa mère. Bi-bi-bill (Jadhen Lieberher) évoque avec beaucoup de talent la peine qu’il a eu de perdre son frère Georgie (Jackson Robert Scott, adorable vivant, glaçant mort) et s’impose comme un chef de meute logique. Richie (Finn Wolfhard) est juste hilarant et c’est une excellente idée d’avoir confié le rôle au timide petit Mike de « Stranger Things » Le gamin prouve qu’il est un acteur complet. Enfin, last but not least, Beverly (Sophia Lillis) est magnifique. Elle ma fait le même effet que Elle Fanning dans « Super 8 », c’est dire ! Une future très grande actrice. Tour à tour radieuse, enjôleuse, terrifiée, détruite, drôle. Parfaite.

Un petit mot sur la musique de Benjamin Wallfish. Là encore, il fallait passer derrière la BO culte de Richard Bellis. Défit relevé. Wallfish développe un style propre entre score atmosphérique et partition classique et lyrique. Il y a des chœurs d’enfants, des effets électronique mais dès qu’il se fait plus paisible, le compositeur convoque James Newton Howard (on pense au « Village », rien que ça !) et Jerry Goldsmith (un des thèmes rappelle le « Morning on the Beach » de « Sleeping with the Ennemy ») et franchement il y a pire comme références. Je vais commander le magnifique double vinyle au papa Noël en espérant que ce ne soit pas le Krampus qui m’apporte ça. Voila, j’ai beaucoup aimé ce film qui m’a titillé au niveau de la nostalgie en proposant une nouvelle vision de cette histoire fabuleuse de Stephen King. Je me suis souvenu tournant les pages du livre au fond de ma banette dans l’océan Indien. Et rien que pour « ça »…
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Nouveau messagede Lee Van Cleef le Sam 16 Sep 2017 21:07

Misquamacus a écrit:Et pourtant la narration n’est pas la même (pas de version adulte des personnages, on en parle à peine au détour d’une réplique et c’est super bien vu) et il manque donc logiquement des choses. Et oui, l’absence des adultes annihile toute idée de souvenirs. On aura « ça » dans l’opus 2.


J'ai l'impression d'entendre les têtes soit-disant pensantes du film, qui s'auto-congratulent d'avoir eu la génialissime idée de couper l'histoire en deux telle une pastèque bien mûre, nous gratifiant d'abord d'une partie "teenagers" avant que ne déboule plus tard la partie "adulte" (où là, promis, on vous explicitera tout le schmilblick). Comme si les sublimes jeux de miroir échafaudés avec une infinie patience par le King, via lesquels les héros ne cessent de contempler leur propre reflet alternativement brouillé par la (pas toujours) tendre enfance et les certitudes terre-à-terre de l'âge adulte, n'avaient jamais rien été qu'une vulgaire afféterie d'écrivain pourri-gâté, un gimmick qu'un bon décrassage cinématographique pouvait faire sauter aussi aisément qu'un furoncle. Alors que le coeur véritable de It, du moins en ce qui me concerne, ruisselle de cette merveilleuse saveur quasi-proustienne et bat de la sourde mélancolie que l'écoulement des ans fait éprouver, un jour ou l'autre, à chacun d'entre nous. Voilà ce qu'est le pavé de King, et certainement pas le sous-Stand by Me tartiné d'une généreuse couche d'épouvante dont j'ai l'irritante impression d'entendre tout le monde parler depuis que le film a jailli de sa boîte. Et de te voir tout à une nostalgie benoîte, battant presque des mains dirait-on, approuver les choix que ce dernier semble avoir fait siens d'une hyper-linéarité, me laisse terriblement surpris, Grand Sachem.
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Nouveau messagede Lee Van Cleef le Sam 16 Sep 2017 21:10

Misquamacus a écrit:Ceux qui me connaissent savent que Stephen King représente beaucoup pour moi, on va dire que je suis son « Number one fan »


Image
"Et si on allait plutôt discuter de ça autour d'une délicieuse tisane, mon cher
petit oiseau plein de plumes ?"
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Nouveau messagede Misquamacus le Sam 16 Sep 2017 21:51

Lee Van Cleef a écrit:J'ai l'impression d'entendre les têtes soit-disant pensantes du film, qui s'auto-congratulent d'avoir eu la génialissime idée de couper l'histoire en deux telle une pastèque bien mûre, nous gratifiant d'abord d'une partie "teenagers" avant que ne déboule plus tard la partie "adulte" (où là, promis, on vous explicitera tout le schmilblick). Comme si les sublimes jeux de miroir échafaudés avec une infinie patience par le King, via lesquels les héros ne cessent de contempler leur propre reflet alternativement brouillé par la (pas toujours) tendre enfance et les certitudes terre-à-terre de l'âge adulte, n'avaient jamais rien été qu'une vulgaire afféterie d'écrivain pourri-gâté, un gimmick qu'un bon décrassage cinématographique pouvait faire sauter aussi aisément qu'un furoncle. Alors que le coeur véritable de It, du moins en ce qui me concerne, ruisselle de cette merveilleuse saveur quasi-proustienne et bat de la sourde mélancolie que l'écoulement des ans fait éprouver, un jour ou l'autre, à chacun d'entre nous. Voilà ce qu'est le pavé de King, et certainement pas le sous-Stand by Me tartiné d'une généreuse couche d'épouvante dont j'ai l'irritante impression d'entendre tout le monde parler depuis que le film a jailli de sa boîte. Et de te voir tout à une nostalgie benoîte, battant presque des mains dirait-on, approuver les choix que ce dernier semble avoir fait siens d'une hyper-linéarité, me laisse terriblement surpris, Grand Sachem.


Et bien tu verras bien ! :P Oui je répète que j'aime la façon dont King (et le téléfilm) ont joué avec les souvenirs et les flashback et certainement que le récit linéaire (et les années 80 !) sont opportunistes, pas de souci. Oui mais voila, ça marche. (enfin pour moi, et c'est déjà bien vu que je suis un incorrigible épicurien égoïste !) :lol:
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Nouveau messagede Misquamacus le Sam 16 Sep 2017 21:53

Lee Van Cleef a Ă©crit: Image
"Et si on allait plutôt discuter de ça autour d'une délicieuse tisane, mon cher
petit oiseau plein de plumes ?"


;) MĂŞme pas peur Annie. Je te rappelle que nous sommes occis tout deux depuis fort longtemps.
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Nouveau messagede Link le Dim 17 Sep 2017 07:01

Voila, j’ai beaucoup aimé ce film qui m’a titillé au niveau de la nostalgie en proposant une nouvelle vision de cette histoire fabuleuse de Stephen King. Je me suis souvenu tournant les pages du livre au fond de ma banette dans l’océan Indien. Et rien que pour « ça »…


Exactement les mots qu'il me fallait pour m'aider Ă  franchir le pas ! Merci Sachem ! :) [monkey]
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Nouveau messagede Edern le Lun 18 Sep 2017 10:07

Lee Van Cleef a Ă©crit:
Misquamacus a écrit:la génialissime idée de couper l'histoire en deux telle une pastèque bien mûre, nous gratifiant d'abord d'une partie "teenagers" avant que ne déboule plus tard la partie "adulte" (où là, promis, on vous explicitera tout le schmilblick).

Je n'ai pas vu le flim mais pour jouer l'avocat du diable (ou du démon interdimensionnel ou je ne sais quoi) : le second film sera peut-être un mélange enfance/âge adulte ? Je crois me rappeler que déjà à l'époque du téléfilm, la partie avec les adultes était vue comme très faiblarde par rapport à la partie "enfance". Peut-être ont-il tenté d'éviter cet écueil ?
Par contre, en écrivant ça, je viens d'avoir une vision d'horreur... Une suite reprenant le gimmick de Silent Night, Deadly Night 2 :mrgreen:
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Nouveau messagede Lee Van Cleef le Lun 18 Sep 2017 14:21

Edern a écrit:Par contre, en écrivant ça, je viens d'avoir une vision d'horreur... Une suite reprenant le gimmick de Silent Night, Deadly Night 2 :mrgreen:


L'enfer sur terre !
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Nouveau messagede Edern le Lun 18 Sep 2017 17:52

Peut-être, mais ça coûte pas cher.
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Nouveau messagede Murielle_Simone le Jeu 28 Sep 2017 22:11

Hello.
Contre toute attente, j’ai adoré « Pretty Little Liars ». Normalement, je ne regarde pas ce genre de série, car elle ne cesse de tourner en rond. Disons que cette fois-ci, je me suis laissée emporter par l’histoire et je voulais vraiment savoir qui était ce fameux « A ». Je dois tout de même dire que la révélation m’a beaucoup déçue !
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Nouveau messagede Le YĂ©ti le Lun 9 Oct 2017 14:51

J’ai adoré Blade Runner 2049.
Adoré. De A à Z. De la première à la dernière image. Denis Villeneuve et Roger Deakins se sont surpassés avec presque trois heures de plans magnifiques, de synthèse délicieuse, de post-apo écolo, de cybernoir racé. C’est d’une beauté sans limites, aussi bien dans ses scènes d'action irréelles (Las Vegas, le Sea Wall), que dans ses moments plus intimes avec (notamment) cette scène de strip-tease tellement incroyables que je roucoule encore de plaisir de cinéphile. La musique est… très efficace, plutôt discrète, forcément pas du Vangelis :(

L’intrigue principale, magnifiquement liée au premier Blade Runner d’ailleurs (à part un perso en synthèse bien raté), intéresse bien peu Villeneuve qui, au fond, en vrai, fait du Nicolas Winding Refn. Il filme d’ailleurs Gosling comme le réalisateur danois : un avatar, une poupée de chiffon qu’il suit, poursuit, tabasse, humilie, déchire. Blade Runner 2049 c’est Only God Forgives pour les masses.

Jusque lĂ , tout va bien.

Et malgré mon amour pour cette suite, difficile de ne pas être déçu. Rarement le futur aura été aussi vieux jeu, aussi patriarcal, aussi réac. On peut trouver des excuses à Blade Runner, l’original : c’était 1982, on citait le film noir, à l’époque la question de l’identité ne se posait pas de la même manière qu’aujourd’hui. Le mot identité ne venait pas immédiatement nous questionner sur notre rapport au genre, à la famille, à la communauté.

Mais Blade Runner 2049 sort en 2017. Son background politique est daté et vieillot. Les femmes sont des mamans ou des putains, sous-écrites, sous-filmées, sous-utilisées ; elles sont noyées dans un univers de white, de blancos, aux problèmes sociaux mal définis (pourquoi faire plus de Réplicants ?) rempli de tétons. La science-fiction devrait être courageuse, audacieuse, renversante. Denis Villeneuve dit qu’il attend de faire de la SF depuis qu’il a dix ans, dommage qu’il n’ait pas grandi depuis.

Mais j'ai adoré.
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Nouveau messagede Lee Van Cleef le Jeu 12 Oct 2017 19:03

Gentlemen, s'il traine encore dans votre périmètre de chasse, ne laissez surtout pas filer l'excellent polar espagnol Que Dios nos Perdone. A cent lieues du thriller de confection banale que vend mollement sa bande-annonce, le film retourne les codes élimés du buddy movie pour lancer son tandem de flics déphasés, l'un asocial et bègue, l'autre en proie à de terribles sautes d'humeur, sur les traces d'un tueur gérontophile. A deux ou trois poncifs près, le récit prend un plaisir contagieux à nous remorquer là où on ne l'attendait pas nécessairement, se joue avec adresse de la complaisance putassière qui menace à chaque nouvelle mamie occise de fondre sur lui et, via quelques mouvements de caméra bien sentis, transforme la fuite de l'assassin par un balcon en morceau de bravoure douloureux. Certes pas une oeuvre majeure, ne cédons point à l'appel de la gasconnade, mais un B plus que fréquentable.
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Nouveau messagede Misquamacus le Jeu 12 Oct 2017 19:10

Le Yéti a écrit:J’ai adoré Blade Runner 2049.
Adoré. De A à Z. De la première à la dernière image. Denis Villeneuve et Roger Deakins se sont surpassés avec presque trois heures de plans magnifiques, de synthèse délicieuse, de post-apo écolo, de cybernoir racé. C’est d’une beauté sans limites, aussi bien dans ses scènes d'action irréelles (Las Vegas, le Sea Wall), que dans ses moments plus intimes avec (notamment) cette scène de strip-tease tellement incroyables que je roucoule encore de plaisir de cinéphile. La musique est… très efficace, plutôt discrète, forcément pas du Vangelis :(

L’intrigue principale, magnifiquement liée au premier Blade Runner d’ailleurs (à part un perso en synthèse bien raté), intéresse bien peu Villeneuve qui, au fond, en vrai, fait du Nicolas Winding Refn. Il filme d’ailleurs Gosling comme le réalisateur danois : un avatar, une poupée de chiffon qu’il suit, poursuit, tabasse, humilie, déchire. Blade Runner 2049 c’est Only God Forgives pour les masses.

Jusque lĂ , tout va bien.

Et malgré mon amour pour cette suite, difficile de ne pas être déçu. Rarement le futur aura été aussi vieux jeu, aussi patriarcal, aussi réac. On peut trouver des excuses à Blade Runner, l’original : c’était 1982, on citait le film noir, à l’époque la question de l’identité ne se posait pas de la même manière qu’aujourd’hui. Le mot identité ne venait pas immédiatement nous questionner sur notre rapport au genre, à la famille, à la communauté.

Mais Blade Runner 2049 sort en 2017. Son background politique est daté et vieillot. Les femmes sont des mamans ou des putains, sous-écrites, sous-filmées, sous-utilisées ; elles sont noyées dans un univers de white, de blancos, aux problèmes sociaux mal définis (pourquoi faire plus de Réplicants ?) rempli de tétons. La science-fiction devrait être courageuse, audacieuse, renversante. Denis Villeneuve dit qu’il attend de faire de la SF depuis qu’il a dix ans, dommage qu’il n’ait pas grandi depuis.

Mais j'ai adoré.


Je n'irai pas voir le film (car je vis dans un monde parallèle où il n'est pas sorti, tout comme "La Tour Sombre")... Mais j'ai adoré ta critique qui m'a presque donné envie d'avoir envie d'aller le voir. C'est dire. Merci.
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Nouveau messagede Le YĂ©ti le Jeu 12 Oct 2017 19:11

En effet, excellent thriller comme les hispanophones savent en faire. La musique bien Ă©touffante et ambient Ă  souhait marche Ă  merveille.

Misquamacus a écrit:Je n'irai pas voir le film (car je vis dans un monde parallèle où il n'est pas sorti, tout comme "La Tour Sombre")... Mais j'ai adoré ta critique qui m'a presque donné envie d'avoir envie d'aller le voir. C'est dire. Merci.

J'ai "que" 31 ans, mais Blade Runner est un film majeur pour mon adolescence, une vraie découverte en VHS — version originale s'il vous plaît — qui m'a hanté pendant des années. Du coup j'y allais aussi à reculons, détestant particulièrement la tendance actuelle au recyclage d'idées à Hollywood. Mais là, je sais pas, ils ont eu une VRAIE bonne idée de suite et du coup tout le bouzin paraît un peu plus authentique. C'est pas "JUSTE POUR FAIRE DES SOUSOUS."

Mais à chacun d'apprécier ce 2049 ;)
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Nouveau messagede Lee Van Cleef le Jeu 12 Oct 2017 19:22

Le YĂ©ti a Ă©crit:La musique bien Ă©touffante et ambient Ă  souhait marche Ă  merveille.


Ah putain, j'avais presque réussi à les biffer de ma mémoire, ces damnés clusters qui chargent avec la délicatesse d'un rhinocéros victime d'une rage de dents et s'évertuent à créer de la tension, du suspense, un climat anxiogène qui te fait griffer tes accoudoirs, alors que le film, maître de ses effets, se débrouillait parfaitement tout seul, merci pour lui. Cette bouillabaisse t'a vraiment plu, abominable béophile des neiges ? De la part d'un stoïcien capable de dire de l'oncle Hans qu'il écrit de la musique "très efficace et plutôt discrète", il faut évidemment se préparer à tout,
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Nouveau messagede Le YĂ©ti le Jeu 12 Oct 2017 19:31

Disons que mon cerveau adore se faire napper de nappes électro en ce moment (d'où mes coups de cœur douteux de ces derniers mois : Kunzel, Komasa-Lazarkiewicz, Hart… J'ai plus été embêté par l'orgue qui vient rappeler la thématique (tardive) du film : LA RELIGION C'EST MAL PUTAIN LES GARS OUAIS.

l'oncle Hans qu'il écrit de la musique "très efficace et plutôt discrète"

Comme toujours, je juge par rapport au contexte. POUR une musique de L'Ami Retrouvé, j'ai trouvé ça PLUTÔT DISCRET.
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Nouveau messagede Gizmo le Ven 13 Oct 2017 07:37

Misquamacus a Ă©crit:
Le Yéti a écrit:J’ai adoré Blade Runner 2049.
Adoré. De A à Z. De la première à la dernière image. Denis Villeneuve et Roger Deakins se sont surpassés avec presque trois heures de plans magnifiques, de synthèse délicieuse, de post-apo écolo, de cybernoir racé. C’est d’une beauté sans limites, aussi bien dans ses scènes d'action irréelles (Las Vegas, le Sea Wall), que dans ses moments plus intimes avec (notamment) cette scène de strip-tease tellement incroyables que je roucoule encore de plaisir de cinéphile. La musique est… très efficace, plutôt discrète, forcément pas du Vangelis :(

L’intrigue principale, magnifiquement liée au premier Blade Runner d’ailleurs (à part un perso en synthèse bien raté), intéresse bien peu Villeneuve qui, au fond, en vrai, fait du Nicolas Winding Refn. Il filme d’ailleurs Gosling comme le réalisateur danois : un avatar, une poupée de chiffon qu’il suit, poursuit, tabasse, humilie, déchire. Blade Runner 2049 c’est Only God Forgives pour les masses.

Jusque lĂ , tout va bien.

Et malgré mon amour pour cette suite, difficile de ne pas être déçu. Rarement le futur aura été aussi vieux jeu, aussi patriarcal, aussi réac. On peut trouver des excuses à Blade Runner, l’original : c’était 1982, on citait le film noir, à l’époque la question de l’identité ne se posait pas de la même manière qu’aujourd’hui. Le mot identité ne venait pas immédiatement nous questionner sur notre rapport au genre, à la famille, à la communauté.

Mais Blade Runner 2049 sort en 2017. Son background politique est daté et vieillot. Les femmes sont des mamans ou des putains, sous-écrites, sous-filmées, sous-utilisées ; elles sont noyées dans un univers de white, de blancos, aux problèmes sociaux mal définis (pourquoi faire plus de Réplicants ?) rempli de tétons. La science-fiction devrait être courageuse, audacieuse, renversante. Denis Villeneuve dit qu’il attend de faire de la SF depuis qu’il a dix ans, dommage qu’il n’ait pas grandi depuis.

Mais j'ai adoré.


Je n'irai pas voir le film (car je vis dans un monde parallèle où il n'est pas sorti, tout comme "La Tour Sombre")... Mais j'ai adoré ta critique qui m'a presque donné envie d'avoir envie d'aller le voir. C'est dire. Merci.


Je l'ai vu aussi et je l'ai apprécié mais sans plus. Le problème c'est ce besoin de tout expliquer, de ne pas laisser de mystère. Dans une moindre mesure, car le film n'est pas du même niveau, on se retrouve avec le même problème que 2010, la "suite" du chef d'oeuvre de Kubrick. Quand à la musique de Wallfish et Zimmer, disons qu'ils ont compris la forme mais la profondeur n'y est pas et Vangelis, 35 ans après après, est toujours inégalé. Le Blade Runner de Scott faisant parti de mes 10 films préférés, passer après et me convaincre était plutôt délicat. J'aime mieux le Villeneuve d'Arrival ou de Sicarrio même si ce Blade Runner 2049 est le haut du panier dans le cinéma hollywoodien actuel.


Quand au film Que Dios nos Perdone il me tente bien et j'y jetterai un oeil et une oreille Ă  l'occasion.
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Films... j"aime ou j'aime pas

Nouveau messagede Lee Van Cleef le Ven 13 Oct 2017 19:13

Les extraits largement diffusés de sa séquence d'ouverture, apocalyptique quart d'heure où les répliques de classe galactique giclent comme d'un pommeau de douche en mille morceaux, l'ont fait entrer de plain-pied dans la légende. En ces lieux même, certains de mes aimables camarades s'en sont repus avec maints claquements de langue goulus. Il n'empêche qu'à l'arrivée, bien peu, visiblement, ont poussé la curiosité jusqu'à ingurgiter ce fameux Maîtresses très Particulières dans son intégralité. Moi-je-ne-mange-pas-de-ce-pain-là, et toutes sortes de refrains inhibiteurs... Le vieux Van Cleef, sans surprise, n'est pas barbon à se soucier d'un tel fatras judéo-chrétien. N'hésitant pas à pousser les portes d'un site spécialisé où d'innombrables chevaliers du stupre distribuent une exubérante joie de vivre en tubes concentrés, j'ai fini par dénicher le film de l'excellent Burd Tranbaree, en réalité un X yankee détourné par le cinéaste avec la complicité de Dominique Paturel et d'une poignée d'autres "voix" complètement lâchées. Le morceau de bravoure liminaire demeure toujours LA grande attraction, dont le potentiel de jubilation fait mal aux côtes et aux abdominaux, mais le reste ménage encore quelques punchlines pas piquées des vers. Y'a bon !
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Films... j"aime ou j'aime pas

Nouveau messagede Gizmo le Lun 23 Oct 2017 09:25

The Shape of Water de Guillermo del Toro

Vu en avant première au festival Lumière, la nouvelle merveille du réalisateur mexicain (lion d'or du dernier festival de Venise), fait parti de ces films rares où la grâce à imprégné chaque image, ou chaque scène, chaque plan ne pouvait pas être tourné autrement. Porté par une superbe partition d'Alexandre Desplat et la photo magique de Dan Laustsen, Del Toro retrouve avec ce conte toute la beauté filmique qui irradiait dèjà son merveilleux labyrinthe de Pan. Mais tout cela ne fonctionnerai pas sans une interprétation à l'avenant : la radieuse Sally Hawkins, Richard Jenkins superbe, comme toujours, Michael Shannon possédé, (étonnant non?) , Octavia Spencer, Michael Stuhlbarg et le toujours fidèle Doug Jones complètent cette parfaite distribution. Cette version aquatique de la belle et la bête ou plutôt
L'étrange créature du lac noir
s'impose tout simplement comme un classique instantané, du cinéma hors mode qui réconcilie film de genre et film d'auteur et me redonne espoir en un art si souvent formaté.

Le film ne sortira pas avant le 21 février : je sais déjà que je retournerai le voir sans hésiter.
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Films... j"aime ou j'aime pas

Nouveau messagede Misquamacus le Lun 23 Oct 2017 17:49

ça donne envie !
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Films... j"aime ou j'aime pas

Nouveau messagede Starfe le Mar 24 Oct 2017 00:45

Misquamacus a écrit:Je n'irai pas voir le film (car je vis dans un monde parallèle où il n'est pas sorti, tout comme "La Tour Sombre")... Mais j'ai adoré ta critique qui m'a presque donné envie d'avoir envie d'aller le voir. C'est dire. Merci.

J'ai eu le malheur de sortir de ton monde parallèle pour aller le voir et c'est vraiment mauvais. Quelques belles idées peut-être mais noyées dans 2h43 de vide. Et c'est long 2h43 de vide. Et des belles images, oh oui des belles images, mais tellement belles, tellement clean, qu'elles n'ont pas leurs places ici. Quel ennui. Quelle merde. J'avais revu Blade Runner hier (pour la vingtième fois environ), je vais le revoir demain. :?

Et d'ici là, il ne me reste plus que ça a faire :
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Films... j"aime ou j'aime pas

Nouveau messagede Scorebob le Ven 27 Oct 2017 11:52

C'Ă©tait chiant Ă  ce point?
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