Justice League vs. Teen Titans (Frederik Wiedmann)

Le Choc des (Teen) Titans

Disques • Publié le 11/11/2016 par

Justice League vs. Teen TitansJUSTICE LEAGUE VS. TEEN TITANS (2016)
JUSTICE LEAGUE VS. TEEN TITANS
Compositeur :
Frederik Wiedmann
Durée : 44:42 | 22 pistes
Éditeur : La-La Land Records

 

2.5 Stars

Frederik Wiedmann est en passe de devenir le compositeur attitré des longs-métrages d’animation estampillés DC Comics. Justice League vs. Teen Titans constitue en effet son cinquième effort dans la série des direct-to-video de la Ligue des Justiciers. Il s’agit d’un opus qui se veut plus massif, avec une nette propension à utiliser des choeurs samplés issus de banques de sons néanmoins quelque peu génériques. D’abord timides dans The Child Must Answer, les choeurs se font plus présents, voire même empreints de majesté, dans Azerath, un morceau de près de cinq minutes, le plus long de l’album édité par La-La Land (couplé à un deuxième CD consacré à un autre film d’animation DC :  Batman: Bad Blood). La chorale essaie de se faire massive (mais les samples ne convainquent pas tout à fait) dans des morceaux comme Titans vs. Hell ou le très satanique Darkness Descends.

 

Wiedmann fait une fois de plus appel au Angel City Studio Orchestra (bien qu’il ne soit pas cité en tant que tel dans le booklet) composé d’une trentaine de cordes, très présentes au sein de la partition. Et le compositeur de dire : « J’ai voulu que les cordes représentent la force irrésistible de la noirceur couvrant les âmes de nos héros, des cordes agressives et dures. » Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les cordes ont vraiment beaucoup de boulot ! Tourbillonnantes dans The Child Must Answer, elles jouent en tremolo dans The Power Of Raven, avant de s’adonner à des ostinati divers et variés comme dans Battling The Underworld, Rise Of The Demon ou encore Supernatural Events. Les cordes, exploitées jusqu’à plus soif, se font mystérieuses dans Raven’s Crystal ou encore The Portal To Humanity, avant d’évoquer l’emprise démoniaque avec les longs glissandi de Possessed.

 

Justice League vs. Teen Titans

 

Le compositeur d’origine allemande n’oublie pas de créer un petit motif qu’il expose dans le très court générique Justice League vs. Teen Titans et sait lui faire écho dans d’autres morceaux comme le susnommé Battling The Underword. Wiedmann, visiblement amoureux de l’instrument, réutilise le duduk arménien (déjà présent dans Throne Of Atlantis et Gods And Monsters) dans de nombreux morceaux, essentiellement pour apporter une touche « alienisante », un sentiment d’outre-monde en quelque sorte, comme dans Return Of A Father, Azerath ou Secrets. Les cuivres, quant à eux, sonnent relativement cheap dès qu’il s’agit d’exécuter une série de notes aigües, mais se rendent plus à leur avantage lorsque le compositeur fait appel aux samples de cuivres graves (tuba et cors notamment) comme dans l’intéressant Invasion.

 

Il faut noter que la touche électro sait se faire très discrète (peu de loops) et que l’atmosphère générale est très instrumentale tout au long de ces quarante minutes de score grâce à l’utilisation d’un vrai orchestre de cordes. Il manque toutefois à Wiedmann la faculté (ou la possibilité, qui ne lui est peut-être pas offerte) d’écrire un thème vraiment mémorable, trop engoncé qu’il est, pris dans un carcan de lignes directives issues d’un traitement de la musique qui relève quasiment du mickey mousing. Ce qui est dommage car on sent bien que le compositeur en a sous le pied et qu’il est capable de faire beaucoup mieux. L’album se termine par une chanson rock relativement peu engageante qui ne laissera hélas pas un souvenir impérissable.

 

Justice League vs. Teen Titans

Christophe Maniez

Christophe Maniez

Rédacteur
Alors à l'orée de l'adolescence, au début des années 80, le jeune Christophe découvre à la télévision, coup sur coup, deux chefs d'œuvre qui marqueront son esprit à jamais. Le premier, Rocky, fait naitre en lui la jubilation par les mélodies riches en émotion de Bill Conti, devenu maintenant un de ses compositeurs fétiches. Le second, Vertigo d'Alfred Hitchcock, le plonge dans la musique du géant Bernard Herrmann, par le biais d'une partition pleine de mystère et de romance. Puis c'est l'escalade : il est tellement absorbé par la puissance des plus belles pages de la musique de film qu'il en vient à étudier de plus près le solfège et la composition (en quasi autodidacte, d'où son niveau plutôt moyen). Durant les mois suivants, il découvre John Williams et son Return Of The Jedi au cinéma. Transporté par la musique, il devient rapidement fan de ce compositeur. Son cercle de connaissances s'élargit et il en vient, plus tard, à admirer James Horner (un autre de ses compositeurs préférés) et Franz Waxman, notamment. Et puis, en 1989, c'est la claque : alors que tout le monde s'éclate sur la Bat Dance de Prince, il n'a d'oreille que pour les notes du Batman de Danny Elfman (par ailleurs, un des premiers CDs qu'il achète). Depuis lors, son amour pour la musique du compositeur attitré de Tim Burton ne s'est jamais démenti. Aujourd'hui, Christophe erre dans les couloirs obscurs d'UnderScores où il peut disputer le bout de gras avec d'autres êtres atteints du même syndrome que lui. Et l'aventure continue...
Christophe Maniez
  • Tadlow Music