Justice League: Throne Of Atlantis (Frederik Wiedmann)

Le trône du roi Arthur

Disques • Publié le 28/10/2016 par

Justice League : Throne Of AtlantisJUSTICE LEAGUE: THRONE OF ATLANTIS (2015)
JUSTICE LEAGUE: THRONE OF ATLANTIS
Compositeur :
Frederik Wiedmann
Durée : 56:54 | 24 pistes
Éditeur : La-La Land Records

 

3 Stars

En 2015, Warner Bros. et DC Entertainment produisent un nouveau long-métrage d’animation intitulé Justice League: Throne Of Atlantis, basé sur le roman graphique éponyme de Geoff Johns, Paul Pelletier et Ivan Reis. Le film s’attache à nous montrer l’ascension d’un sang-mêlé, moitié humain par son père et moitié atlante par sa mère (la reine d’Atlantis). Celle-ci fut contrainte d’abandonner son fils, Arthur, pour régner sur les océans et donna naissance à un autre fils. Ce dernier, alimenté par une haine farouche des habitants de la surface de la Terre, fomente un complot pour déclencher une guerre entre les deux peuples et monter sur le trône. C’est alors que la reine se met à la recherche de son fils illégitime pour réconcilier les terriens et les atlantes. Aidé par la ligue des justiciers, Arthur devra trouver le moyen de stopper l’escalade et de rétablir une paix durable.

 

La musique est confiée au jeune vétéran Frederik Wiedmann, déjà auteur de The Flashpoint Paradox, qui fait appel à un orchestre à cordes d’environ 30 musiciens et à des instruments ethniques tels le duduk arménien, le oud et le bouzouki. Wiedmann a composé deux thèmes majeurs. Le premier, d’abord confié aux samples de cuivres, est exposé dans le court Main Title, et apparait dans le début de S.O.S. et dans les très remuants Wave Of Soldiers et Brothers. Le second thème, exposé dans One Of Both Worlds, est assez majestueux tout en gardant une part de mystère confiée à la harpe. Ce thème, quelque peu éthéré, servira de base à celui d’Arthur devenu, à la fin de l’histoire, Aquaman.

 

Superman vous salue bien

 

L’action n’est pas en reste dans ce score, loin s’en faut ! Les cordes virevoltent dans No Mercy (soutenues par des choeurs et des cuivres samplés convaincants), prennent l’allure de divers ostinati dans Half-Atlantian ou encore The Calling, et se font lyriques dans Royal Murder et Reunited. Les cordes semblent d’ailleurs bien mieux mises en valeur que dans The Flashpoint Paradox et sonnent comme de véritables instruments, grâce à une prise de son qui semble plus proche. Les percussions se déchainent dans Metropolis alors que la ville doit faire face à un raz-de-marée qui couvre l’arrivée de l’armée atlante, et elles frappent fort dans Wave Of Soldiers, qui marque le début de l’invasion.

 

Il faut noter que Wiedmann a peu recours aux boucles électro, ce qui est bienvenu dans un score qui se veut illustrer l’histoire d’un roi en devenir. La majesté de la partition se révèle dans Few Against Many et Becoming A Beacon tout en gardant cette part de mystère si bien entretenue par un piano aux accords très sombres et des cordes lyriques. Aquaman termine l’album en beauté par le thème d’Arthur accomplissant sa destinée, celle du roi des océans, et le compositeur emploie alors des choeurs samplés pour accentuer l’éclat de ce morceau. Globalement, sans relever du génie, la partition de Frederik Wiedmann remplit son rôle avec justesse et même un peu de grandeur. Une bonne surprise, donc.

 

Justice League: Throne Of Atlantis

Christophe Maniez

Christophe Maniez

Rédacteur
Alors à l'orée de l'adolescence, au début des années 80, le jeune Christophe découvre à la télévision, coup sur coup, deux chefs d'œuvre qui marqueront son esprit à jamais. Le premier, Rocky, fait naitre en lui la jubilation par les mélodies riches en émotion de Bill Conti, devenu maintenant un de ses compositeurs fétiches. Le second, Vertigo d'Alfred Hitchcock, le plonge dans la musique du géant Bernard Herrmann, par le biais d'une partition pleine de mystère et de romance. Puis c'est l'escalade : il est tellement absorbé par la puissance des plus belles pages de la musique de film qu'il en vient à étudier de plus près le solfège et la composition (en quasi autodidacte, d'où son niveau plutôt moyen). Durant les mois suivants, il découvre John Williams et son Return Of The Jedi au cinéma. Transporté par la musique, il devient rapidement fan de ce compositeur. Son cercle de connaissances s'élargit et il en vient, plus tard, à admirer James Horner (un autre de ses compositeurs préférés) et Franz Waxman, notamment. Et puis, en 1989, c'est la claque : alors que tout le monde s'éclate sur la Bat Dance de Prince, il n'a d'oreille que pour les notes du Batman de Danny Elfman (par ailleurs, un des premiers CDs qu'il achète). Depuis lors, son amour pour la musique du compositeur attitré de Tim Burton ne s'est jamais démenti. Aujourd'hui, Christophe erre dans les couloirs obscurs d'UnderScores où il peut disputer le bout de gras avec d'autres êtres atteints du même syndrome que lui. Et l'aventure continue...
Christophe Maniez

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