The Valley Of Gwangi (Jerome Moross)

Le Gros Dinosaure et la Vallée des Merveilles

La décade prodigieuse • Publié le 08/02/2019 par

The Valley Of GwangiTHE VALLEY OF GWANGI (1969)
LA VALLÉE DE GWANGI
Compositeur :
Jerome Moross
Durée : 71:04 | 44 pistes
Éditeur : Intrada (2018)

 

3.5 Stars

 

On se croirait presque dans la chambre d’un petit garçon, théâtre d’une surréaliste bataille amalgamant sans complexe des monstres en plastique coloré et des soldats de plomb surgis de cent époques différentes. Pas de doute, seul un grand enfant resté nostalgique de ces rixes improbables a pu mettre en scène The Valley Of Gwangi, où d’intrépides cow-boys tentent de capturer au lasso un allosaure fort contrarié. Le postulat, digne du meilleur Edgar Rice Burroughs, est délirant, le poster itou – le film nettement moins, hélas, qui pantoufle éhontément en laissant les effets spéciaux de Ray Harryhausen fournir un tant soit peu de spectacle. Le côté western, surtout, pâtit durement de ce je-m’en-foutisme… Mais Jerome Moross, grand habitué du genre, est là pour lui insuffler une dose vigoureuse d’americana. De son propre aveu, le compositeur tenait cent fois plus en estime le folklore du vieil Ouest que les films de bébêtes géantes. Celui-ci ne trouvait d’ailleurs aucun attrait à ses yeux. Une inimitié qui ne l’empêche point du tout de nantir le colossal Gwangi et ses amis d’une autre ère d’un caractère plus qu’ombrageux, où l’on sent poindre l’influence des chefs-d’œuvre fantasy de Bernard Herrmann, forcément, mais à parcimonieuses rations. Primitif dans le meilleur sens du terme, chargé de notes sans pour autant se muer en indigeste kouglof symphonique, ce Jurassic World avant la lettre se dévore à belles dents, comme un appétissant cuissot de stégosaure.

  Rex, gentil toutou, va coucher !

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse