Wild Geese II (Roy Budd)

Les oies se cachent pour mourir

La décade prodigieuse • Publié le 25/01/2019 par

Wild Geese IIWILD GEESE II (1985)
LES OIES SAUVAGES 2
Compositeur :
Roy Budd
Durée : 44:52 | 12 pistes
Éditeur : Caldera Records (2017)

 

4 Stars

 

Comme adieux soit-disant en fanfare, on a vu plus fracassant. Richard Burton, qui devait reprendre du service pour cette suite du petit classique The Wild Geese avant qu’une hémorragie cérébrale ne l’emporte, revient brièvement d’entre les ombres grâce à un florilège de stock-shots où les armes aboient à qui mieux mieux. Le procédé est terne, sans grâce. Il est toutefois un autre vétéran du premier volet, bien vivant à cette époque, qui réapparaît dans une forme éblouissante : l’explosif Roy Budd. Les images jaunies de feu Burton mitraillant l’ennemi ont beau former un exorde paresseux, elles trouvent une spectaculaire réplique dans un Main Title en pleine ébullition, attentif à régler son pas martial sur celui de son aîné et à dégoupiller le même héroïsme couronné de flonflons caricaturaux. Changement de décennie oblige, l’efficacité immédiate devenue le credo pontife des eighties ronge tel un acide les dernières bribes de ce qui pourrait, de près ou de loin, ressembler à de l’ironie. L’action est reine, le suspense, du genre embrasé, impose ses diktats sans condition. Mais qui ne capitulerait pas ? Le budget a beau avoir rétréci comme peau de chagrin depuis le premier volet, l’enveloppe allouée à la musique demeure assez volumineuse pour enrôler rien moins que le London Symphony Orchestra. Budd, homme d’action accompli s’il en fut jamais, sait comment tirer le plus tonnant de la Rolls-Royce des formations symphoniques sans jamais gauchir son souci du détail.

 

Les oies, sauvages (et pas contentes)

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
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