Psycho II (Jerry Goldsmith)

Serial mother

La décade prodigieuse • Publié le 18/01/2019 par

Psycho IIPSYCHO II (1982)
PSYCHOSE II
Compositeur :
Jerry Goldsmith
Durée : 72:49 | 31 pistes
Éditeur : Intrada (2014)

 

4 Stars

 

On avait quitté Norman Bates pétrifié dans l’ambre de sa prison mentale, pour toujours croyait-on. Demeurant sourd aux tentatives de dialogue des médecins comme aux sourires madrés des manitous hollywoodiens, qui ne savent parler que numéros de série et argent facile. Durant pas loin d’un quart de siècle, il se tint coi. Et soudain, en plein règne des croque-mitaines ne trépassant que pour mieux revenir, le fils à sa maman rouvrit les portes du motel Bates. On le retrouva changé, hanté par la conscience tourbeuse d’une terrifiante folie, la sienne, contre laquelle il se trouvait démuni. Fort de sa compréhension innée des enjeux dramatiques à l’écran, Jerry Goldsmith ne perdit jamais de vue ce désarroi mouillé d’un fond de mélancolie, bien qu’il fût à cent lieues de l’éprouver lui-même. Pensez donc ! Par le caprice d’un destin railleur, voici que lui échoyait des années après l’une des œuvres phares de Bernard Herrmann, son contempteur de la première heure. Mais l’élève, devenu maître à son tour malgré la funeste Cassandre, n’a pas la petitesse de vider par Psycho interposés de si vieilles querelles. Le tribut payé et l’inévitable citation consommée d’emblée, Goldsmith s’empare de l’infortuné Norman pour l’entraîner vers son propre univers, fait de tressaillements électroniques et des sournoises reptations de l’orchestre. Il y a tout lieu de douter que la santé mentale du pauvre diable en sorte revigorée.

 

Mama, just killed a man...

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse