King Kong Lives (John Scott)

Le gorille vous salue bien

La décade prodigieuse • Publié le 29/01/2019 par

King Kong LivesKING KONG LIVES (1986)
KING KONG 2
Compositeur :
John Scott
Durée : 44:15 | 17 pistes
Éditeur : Intrada (2012)

 

4 Stars

 

Il revient et il n’est pas content ! Et de quel droit lui jetterait-on la pierre ? Cette bile vengeresse bouillonna des années durant dans le cœur de Kong, roi révéré naguère, puis déchu par la faute d’itérations lourdaudes et d’improbables frasques avec Godzilla et compagnie. Mais ces crimes de lèse-majesté n’étaient pas suffisants encore : le voilà maintenant tiré de son bienheureux trépas par des savants adeptes de l’acharnement thérapeutique. A lui, une fois de plus, les « joies » régressives du costume au crin élimé et des modèles réduits qu’il doit envoyer dinguer comme le premier morveux venu… Au milieu de l’humiliante débâcle, une seule âme paraît capable de lui témoigner un peu de compassion : John Scott, qui a ceci de commun avec le singe déconfit de s’être embourbé plus souvent qu’à son tour dans les marécages du bis. Par solidarité, peut-être donc bien, ou par professionnalisme élevé à une dimension sacerdotale, sûrement, le compositeur détache avec pudeur les yeux de la fermeture éclair sillonnant le dos du Kong d’opérette et tente de se remémorer de vieux jours de gloire, noyés désormais dans les écharpes de brume qui ceignent Skull Island. Il en résulte une œuvre majestueuse, l’une des plus incarnées de Scott, où charivari martial et colère primitive s’entre-dévorent pour la possession d’un coin onctueusement mélodieux de paradis – sans omettre les faveurs d’une Lady Kong aux accortes protubérances.

  Ha ha ha ha ha ! LOL !!!

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse