Gods Of Egypt (Marco Beltrami)

Les dieux sont tombés sur la tête

La décade prodigieuse • Publié le 02/01/2019 par

Gods Of EgyptGODS OF EGYPT (2016)
GODS OF EGYPT
Compositeur :
Marco Beltrami
Durée : 75:04 | 26 pistes
Éditeur : Varèse Sarabande (2016)

 

3.5 Stars

 

Et dire que certains candides exaltés espéraient d’Alex Proyas rien de moins que la résurrection du péplum de Catégorie A ! Les premières images, ineffables, criblèrent de lézardes ce bel optimisme. Et la découverte finale de la chose mit les points sur les i : dans le collimateur de Gods Of Egypt gravitent, tels des astres cabossés, le pataquès mythologique du muscle opera transalpin et le graphisme hypertrophié des tribulations vidéoludiques du badass Kratos. Bref, tous les ingrédients d’une ribouldingue aussi fêlée qu’inconséquente. Demandez plutôt à Marco Beltrami : ayant pris d’emblée conscience que de pareils sables antiques n’ont qu’un rapport lointain avec ceux foulés autrefois par Miklós Rósza et Maurice Jarre, il s’employa séance tenante à écrire une sorte de Stargate écœuré de stéroïdes. Les dieux, qu’ils soient égyptiens ou grecs, n’ont pas forcément perdu l’entièreté de leur superbe sous les projecteurs du Hollywood moderne, mais ils sont devenus plus enclins à faire rouler d’importance leurs biceps infographiques flambant neufs. D’où, inéluctablement, de véritables cataractes d’action prolixe en cuivres trapus et de merveilleux moins accro à la fantaisie qu’à l’emphase ravageuse. Lorsque l’émotion, ici ou là, se fait jour tout à coup, lumineuse et pure, c’est comme si un bédouin exsangue voyait se découper sur le désert cruel le verdoiement d’une salvatrice oasis.

 Alex Proyas met le feu !

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
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