Il Grande Racket (Guido & Maurizio De Angelis)

Les rues de feu

La décade prodigieuse • Publié le 26/12/2018 par

Il Grande RacketIL GRANDE RACKET (1976)
RACKET
Compositeurs :
Guido & Maurizio De Angelis
Durée : 55:03 | 37 pistes
Éditeur : Chris Soundtrack Corner (2016)

 

3.5 Stars

Parce qu’ils furent les troubadours récurrents, quasi officiels devrait-on dire, des succulents films de châtaignes que Terence Hill et Bud Spencer enquillèrent ensemble ou séparément, les ineffables frères De Angelis demeurent fort goûtés par les amateurs de kitscheries à prendre au quinzième degré et les mangeurs de haschich. Mais Guigui et Momo avaient plus d’une combine dans leur sac. À plusieurs centaines d’encablures de ces divertissements nigauds, ils écumèrent l’Italie des années de plomb en quête de dangereux marlous, qu’ils criblaient aussitôt de tonitruants riffs de guitare électrique. La méthode, approuvée par Stelvio Cipriani et Franco Micalizzi, talentueux compositeurs abonnés eux aussi aux coupe-gorge du poliziottesco, tourne à plein régime avec l’extrémiste Il Grande Racket. Dans Rome mise à feu et à sang, le flic déchu Fabio Testi lève une armée de citoyens en colère et déclare au crime une guerre apocalyptique. Sous la caméra du robuste homme à tout faire Enzo G. Castellari, les ralentis fusent à l’unisson des balles et l’apologie du tout-sécuritaire avance sans fard. Une roborative absence de pondération à laquelle nos frères Pétard, survoltés comme l’on n’eut pas si souvent ailleurs l’occasion de l’entendre venant d’eux, et vandalisant dans l’allégresse leurs propres formules pop, donnent un écho furibond.

 

Il Grande Racket

Benjamin Josse

Benjamin Josse

Rédacteur
Les temps changent. A l'heure de la communication instantanée et du joug de la téléphonie mobile, on ne trouvera plus grand-monde pour s'étonner d'entendre quelque quidam dégingandé soliloquer à haute voix. Aussi incroyable que cela paraisse, il fut une époque où ces effusions publiques aimantaient moult moues désapprobatrices et sourcils orageusement froncés, à plus forte raison quand l'objet de tous ces regards courroucés fredonnait (mal) le thème de The 7th Voyage Of Sinbad et s'essayait (pour un déplorable résultat) à imiter les glouglous burlesques de La Soupe aux Choux. C'est ainsi que de fil cassé en aiguille tordue, le mal-aimé Benjamin trouva refuge dans le giron d'UnderScores, merveilleuse terre d'asile où, depuis lors, il se consacre à l'égoïste satisfaction des vices précités, et d'autres plus condamnables encore. Le moindre, assurément, n'étant pas de larder d'aiguilles trempées dans du curare une poupée grossièrement faite à l'effigie de Hans Zimmer, sa Némésis de toujours (« Si j'arrivais seulement à lui flanquer des cors aux pieds, je serais le plus heureux des hommes », confesse-t-il, l'oeil torve). Parce qu'il lui faut bien gagner sa croûte, ou plus exactement les quignons de pain moisis que le maître des lieux condescend à lui jeter pour tout salaire, il rédige de loin en loin d'étranges amphigouris dédiés à des scores d'exotique provenance. Ses collègues sont incrédules et les lecteurs baillent d'ennui, mais aux dernières nouvelles, il n'a pas l'intention de fermer boutique...
Benjamin Josse
  • The Vikings