Arnaud Rebotini pour un César à 120 BPM

L'Académie des arts et techniques du cinéma français a rendu son verdict pour l'année 2017

News • Publié le 02/03/2018 par

120BPMSans surprise, c’est donc Arnaud Rebotini pour son travail sur 120 Battements par Minute qui est ressorti de la salle Pleyel, la statuette en poche, ce vendredi 2 mars lors de la 43ème cérémonie des César. « J’ai énormément de chance d’avoir été choisi par Robin Campillo pour faire la musique de ses deux derniers films » explique-t-il sur scène, au bord des larmes, « j’aime ce qu’il fait, j’aime ses films, j’aime ses histoires. Il est totalement investi dans la composition de la musique, je pense que s’il le pouvait il la composerait à ma place, et j’ai de la chance qu’il ne le fasse pas ! Et si la musique de 120 Battements par Minute a une profondeur, c’est parce qu’elle est la voix de ceux qui sont morts, qui ont perdu des proches, qui se sont battus et qu’on n’a pas voulu entendre. Je dédie ce prix à ces héros oubliés d’hier et d’aujourd’hui : Act Up existe toujours et le SIDA n’est pas qu’un film. » Bravo donc à Arnaud Rebotini qui succède ainsi à Ibrahim Maalouf, récompensé l’année passée pour Dans les Forêts de Sibérie. Les autres nommés en piste pour la Meilleure Musique Originale étaient Christophe Julien pour Au Revoir Là-Haut, Jim Williams pour Grave, Quentin « Myd » Lepoutre pour Petit Paysan et Matthieu « M » Chedid pour Visages, Villages

 

Dommage que tout cela se soit fait, plus que jamais, dans l’indifférence quasi-unanime des passionnés, contrairement aux différents prix anglo-saxons qui, quoi qu’on en pense, suscitent encore régulièrement commentaires et discussions. Il faut dire – une fois n’est pas coutume, ouvrons une parenthèse – que la sélection dans notre catégorie fétiche brillait cette année autant par son manque de glamour que ses absences, n’étant à l’évidence que le seul et unique reflet d’un mode de scrutin notoirement inadapté. Soyons clairs : il n’est pas question ici d’affirmer une quelconque réticence à voir ainsi distingués des artistes issus d’autres scènes musicales, bien au contraire, ni même d’appeler à inclure absolument dans la liste d’habituels poids lourds de la profession (on pense forcément à Philippe Sarde et son Rodin, ou même à Alexandre Desplat dont le Valérian aurait aussi fort bien pu concourir). Mais quitte à accorder des premières nominations enthousiastes, on regrette que la sélection ne se soit pas avérée plus joliment équilibrée en donnant un coup de pouce à des compositeurs qui ont fait de la musique à l’image leur vrai (et souvent seul) terrain de jeu, tels que Matthieu Gonet pour Fleur de Tonnerre ou Madame, Mathieu Lamboley pour Bonne Pomme, Olivier Cussac pour Les As de la Jungle ou encore Cyrille Aufort pour Knock. On ne se fait pas d’illusion pour la suite, mais on ne peut s’empêcher néanmoins d’affirmer sobrement qu’un plus grand discernement ne nuirait pas, à l’avenir, pour la crédibilité de l’exercice…

Florent Groult

Florent Groult

Rédacteur en chef adjoint
Né en 1974, originaire de Normandie, Florent Groult grandit au contact de la musique classique et, par trois coups de baguette (le King Kong de 1933, Forbidden Planet et Jaws) assénées au travers d'un écran TV, est touché assez tôt par la magie du cinéma. Il était sans doute inévitable que les deux finissent un jour ou l'autre par se conjuguer en une seule et même passion. Ce sera chose faite en 1993, à l'occasion de la sortie française du Dracula de Francis Ford Coppola. Fasciné dès lors par l’interaction entre musique et image qui lui révèle des horizons infinis de découvertes, il rejoint d'abord les membres de l’association caennaise CinéScores, contribuant modestement à leur fanzine et leur émission de radio sur une antenne locale (1994-1999), avant de participer à la création de l'association Colonne Sonore / L'Ecran Musical (1999-2002). En 2008, il co-fonde avec Olivier Desbrosses- UnderScores : le Magazine de la Musique de Film pour lequel il occupe depuis le poste de rédacteur en chef adjoint. En 2011, il contribue à l'ouvrage collectif intitulé John Williams : Un Alchimiste Musical (Editions L'Harmattan) et signe ses premières notes de livret pour le label spécialisé Music Box Records. Il devient par ailleurs cette même année membre de l'International Film Music Critics Association (IFMCA). La passion plus que jamais vivace, l'aventure continue aujourd'hui...
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